07/08/2019

La Fête des gens révèle l'âme d'un pays

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Une liesse générale sans artifices a marqué la Fête des vignerons 2019, dont le rythme en frénésie, l’énergie des chœurs et des chorégraphies, le tourbillon des images et des visages, sur un canevas enfantin, se sont déployés en beauté, relevant de ce qu’on peut dire sans vanité le génie des lieux et la bonhomie des gens, voire le bonheur d’être suisse cher à un certain Jean Ziegler…

Il est émouvant de voir, juste avant minuit sous les étoiles, 25.000 personnes se lever et clamer leur joie sans qu’on ait envie de parler d’euphorie conditionnée, et vraiment c’était à n’y pas croire, en tout cas je n’ai jamais vécu ça comme ça…
Or j’avoue que je n’étais pas disposé, a priori, à croire que cette quatrième Fête des vignerons à laquelle je pourrais assister de mon vivant serait plus qu’un grand machin clinquant style Son et Lumière augmenté à l’enseigne du dernier chic technologique.

Je gardais au cœur l’émotion toute pure d’un petit garçon juché sur les épaules de son paternel, 65 ans plus tôt, fasciné par le défilé tout doré des Archers du soleil et plus encore par la blondeur de la déesse de l’été Cérès dont je n’ai appris qu’avant-hier, par ma bonne amie, qu’elle avait été hôtesse de l’air « au civil »…

Jamais je n’ai revécu cet émerveillement de mes huit ans, quels qu’aient été les mérites des éditions de 1977 ou de 1999, et mon agoraphobie croissante, ma défiance persistante envers toute forme de chauvinisme ou de folklore relooké en clinquance à la manière des fonctionnaires de Présence Suisse, enfin les premiers échos faisant état d’une manifestation comparable aux démonstrations sans âme d’un Etat totalitaire avaient achevé de me décourager, d’autant que nous avions du boulot au chalet: du bois et de l’herbe à couper avec notre journalier népalais au sourire himalayen, un grand meuble chinois à installer dans l’atelier perso de Lady L. avec l’aide de deux forts à bras macédonien et syrien, un petit-fils à dorloter dont le frère d’un an avait déjà traversé le Cambodge entre autres cieux et pays européens – autant dire que nous vivons la mondialisation au quotidien, enfin je travaillais à la correction de mon vingt-cinquième livre où je m’en prends assez virulemment à l’air du temps et au politiquement correct , intitulé Nous sommes tous des zombies sympas ; enfin j’apprends que le traditionnel messager boiteux est cette année d’émois humanitaires et climatiques une jeune messagère infirme championne de gymnastique – non mais des fois !

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L’hameçon de la télé, et l’étourdi piégé…

Sur quoi, ne regardant plus la télévision depuis belle lurette, je tombe sur un bout de la retransmission de la Fête que me balance ma bonne amie d’une tablette à l’autre, un premier regard distrait semble me conforter dans mon rejet, mais j’y reviens peu après, je regarde l’entier de la chose et me fais bel et bien attraper : je commence à croire que j’ai eu tort de n’y pas croire, après quoi ma sœur puînée, bonne Vaudoise dont le conjoint fait partie des confrères du Guillon amateurs de grands vins, me dit au téléphone qu’elle est fan folle de cette Fête, et le même soir ma bonne amie casse sa crousille et me retient l’une des meilleures places qui restent pour le lendemain, et c’est ainsi que l’étourdi se fait piéger par les étourneaux…

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Une féerie en crescendo

Le lendemain du 1er août au soir, me voici donc traînant mes vieilles pattes et vacillant en mes troubles vestibulaire et cardio-vasculaires, sur le quai de Vevey bonnement bondé où je vais faire pisser notre Snoopy quand je l’emmène dans l’atelier dont je dispose à la ruelle du Lac et où j’entrepose des milliers de livres; jamais je n’ai vu la chère petite ville aussi chatoyante et joyeuse entre les statues de Charlot & Gogol et le château de l’Aile où j’aimais bien de son vivant voir Paul Morand faire ses moulinets de gymnastique suédoise à torse poil sur son balconnet ; mais je n’ai encore rien vu: je capte au passage l’image d’une ondulante chanteuse en plein Tutti frutti accompagnée de musiciens et de nostalgiques de la promotion Presley, je grappille deux ou trois autres images sur mon smartphone et me voilà dans les gradins où m’accueillent d’accortes jeunes ou vieilles dames déguisées en étourneaux, et c’est parti mon Louli, vite une dernière image de tout ça à ma Dulcinée restée au chalet pour cause de mobilité momentanément empêchée, et voici débouler, trépignant et martelant leurs cageots, les anges de la vendange aux dégaines de criquets ou de hannetons furibonds, ou de fourmis à culs rebondis et autres bestioles de carnaval javanais, tandis qu’une libellule humaine prend son envol dans la lumière qui fout le camp…

La candeur matoise des vieux savoirs

Vous qui n’avez pas encore compris ce que c’est que la Suisse, je ne vais pas vous l’expliquer vu que, Lausannois de naissance, à moitié bernois et lucernois d’origine, à moitié lémanique d’adoption et à moitié rital d’atavisme vu que ma trisaïeule maternelle connut bibliquement un curé piémontais qui la fit chasser du Haut-Valais après le péché de l’avoir induit en tentation – toutes ces moitiés se démultipliant à l’exponentielle chez tous nos concitoyens dont j’aime à penser que ce qui les relie, autant qu’un certain goût de la liberté symbolisé par le héros national d’importation nordique connu sous le nom de Guillaume Tell, est ce qu’on pourrait dire l’esprit de la forêt : de la forêt pleine de contes et bordée de vignes, semée de lacs cristallins et peuplée de chèvres en tabliers et de chevriers jamais guéris d’avoir été chassés du paradis, là-haut sur la montagne ou la blonde ado Heidi s’adonne à la youtse et au jodel avec son Grossvati…

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On n’en dira pas plus d’ailleurs sur la dramaturgie de la Fête des vignerons 2019 : voici la petite Julie et son jeune vieux barbon barbu qui traversent de concert un cycle de saisons non sans commentaires gentiment patauds de trois compères guillerets.

Quant à l’histoire saisonnière racontée au fil des tableaux d’une beauté à couper le sifflet, on en connaît la chanson, et les mélodies de l’occurrence se retiendront moins que les rythmes endiablés. De même que le peuple grec connaissait par cœur la story des tragédies quand il y assistait, nos ancêtres médiévaux n’avaient pas besoin du « livret » pour suivre le cours des Mystères.

Enfin c’est comme ça, sans faire outrage à mes excellents confrères Etienne Hofmann et Stéphane Blok, dont je n’ai pas eu sous les yeux le détail des mots, que j’aurai absorbé physiquement, et sûrement aussi spirituellement, la substantifique substance, vive et parfois explosive, crépitante d’inventions et légère comme un vin frais de grotto sous le soleil plombant, mais bien ancrée en Lavaux et magnifiée par ce talent avéré de nos gens - dont la culture séculaire est d’abord villageoise et terrienne, tissée de métiers et de petites sociétés -, pour le champ choral le plus raffiné.

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Je n’aurai pas ici le cœur ni le cran de «déconstruire» la représentation relevant à mes yeux de la cérémonie plus que du show géant. Il va de soi que je m’incline bien bas devant l’immense savoir-faire de ses artisans, bravissimo a la signora Maria Bonzanigo et au signor Daniele Finzi Pasca, et tutti quanti cela va de soi, mais c’est surtout dans la sublimation populaire du travail des champs par le travail géant des gens, que j’entrevois ce qu’il y a de grand dans ce petit fouillis cantonal sous les étoiles .

Une Raison d’être ici, et c’est partout…

Rien ne me semble sonner faux dans l’imagerie et les musiques de la Fêtes des vignerons 2019, et ce n’est pas tant une prouesse artistique comparable à une mise en scène d’opéra géniale ou à l’organisation high tech d’un spectacle olympique multimondial: c’est autre chose.

Chacune et chacun aura remarqué, dans l’imagerie rebrassant les bons vieux clichés vaudois, la présence des « trois soleils » dont Ramuz a parlé en relançant lui-même une observation « sur le terrain » remontant aux moines vignerons du Moyen âge, constatant que le soleil du ciel ne suffit pas, en Lavaux, à faire du vin, sans les deux autres soleils de la terre et du lac.
Dans la foulée, je remarque qu’on n’a jamais impliqué les plus grands poètes et musiciens de ce pays dans la réalisation de la Fête (de Ramuz et Honegger à Frank Martin et Philippe Jaccottet), mais de bons artisans peut-être moins éminents mais plus proches aussi de l’esprit et de la familiarité d’avec les gens. Tout le monde ici connaît La Venoge de Jean-Villard Gilles par cœur, mais qui aurait eu l’idée de lui demander, ou à Paul Budry ou à Charles-Albert Cingria, à René Auberjonois le peintre ou à Julien-François Zbinden le savant musicien jazzy – plus récemment au ludique et non moins flamboyant Richard Dubugnon, de s’y coller ?

La chimie particulière de la Fête des vignerons est trop organiquement associée à la vie populaire pour se monter le coup hors des associations – je me rappelle dans la foulée que tout dernièrement plus de 100.000 pelés et tondues se sont rassemblés à l’enseigne des Jeunesses campagnardes - et le miracle de 2019 est qu’il réalise plus que jamais cette fusion combien improbable en ce temps de confusion et de nivellement globalisé.

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Dans un texte qu’on dira pompeusement « fondateur », intitulé Raison d’être et marquant le lancement en 1914 des Cahiers vaudois où quelques (grands) artistes de nos régions prétendaient exister loin de Paris, Ramuz définissait, en poète s’en tenant à une certaine courbe du rivage et à une certaine lumière, ce qu’on peut dire le génie d’un lieu, que mille poètes de mille autres lieux auront pu qualifier à leurs façons en accord avec le génie particulier des gens.

Sous le titre Le génies des Suisses, le sympathique François Garçon s’est élevé à juste titre contre le dénigrement de bas étage, croulant de clichés, à quoi s’est adonné notamment le médiocre littérateur Yann Moix. Mais François Garçon, à son tour, schématise un tantinet en ne voyant guère, derrière le succès fracassant de nos start up et autres succès techno-économiques, la douce et très sage folie forestière des Helvètes que mon ami Jean Ziegler, autre contempteur de notre pays mais pour de plus justes raisons que celles de l’âne Yann, reconnaissait en percevant plus de génie démocratique chez ses aïeux paysans que parmi se camarades militants. Nicolas Bouvier, de son côté rendit un bel hommage aux arts populaires, et l’on se réjouit de voir ici les motifs des papiers découpés se décliner sur le dos des armaillis et les écrans géants.

Dieu sait (Dieu sait tout, m’ont appris mes propres grand-mères) que je suis loin de partager l’idéologie catho-marxiste de celui que j’appelle Jean le fou, mais je dois à la lecture de son Bonheur d’être Suisse de nous avoir découvert, avec la passion de la poésie, plus de points communs que de raisons de nous dépecer à la hallebarde.

68270483_10220343696009371_3280460174887747584_n.jpgEt l’âme dans tout ça ? Je vous réponds : santé !

Si vous n’avez pas chialé pendant le chant sublime des armaillis modulé à treize voix et bien plus, puisque la petite Julie y est allée de son couplet, tandis que mille briquets s’allumaient dans l’arène au-dessous des lumières du Pèlerin et des constellations plus vieilles que nos vieux ; et si vous n’avez pas vibré de toute votre chair païenne au déboulé des tracassets conduits comme des bolides de karting par des dieux déjantés, tandis que les chœurs alternés se répondaient des quatre coins du cercle de l’arène – il n’y a qu’en poésie que les cercles ont des coins - , si le « sens » de tout le reste vous a manqué, si vous avez regretté le peu de «message» délivré au niveau d’un signifiant pastoral signifié , enfin si l’âme de cette Fête folle vous a échappé, je ne dirai pas que c’est de votre faute mais avec un clin d’œil et le peu de mots que notre bon peuple de plus ou moins taiseux plus ou moins timides aura trouvé en son tréfonds – je ne saurai joyeusement que vous répondre, avec ou sans verre dans le nez : santé !

Jean Ziegler. Le Bonheur d’être suisse. Seuil/Fayard, 1993.

François Garçon. Le Génie des suisses. Tallandier, 2018.

21/09/2017

Ah bon, vous êtes au social ?

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Ghislaine Heger l'a vécu malgré ses hautes qualifications, elle a connu la honte qui a frappé les siens et a voulu en savoir plus sur les galères des autres, pas toujours ceux qu'on croit. Il en résulte un livre où des rencontres, parfois très poignantes, illustrent (par des entretiens personnels et de beaux portraits photographiques exposés ces jours à Clarens) les multiples cas de figures de l'aide sociale, quitte à fracasser divers préjugés lourdement accusateurs...

 

En tout cas moi ça m'arrivera jamais, vous exclamerez-vous peut-être !? Moi j'ai toujours travaillé et je comprends pas qu'on aide tous ces profiteurs qui se tournent les pouces, la plupart des étrangers! D'ailleurs on peut très bien vivre avec 2000 francs en se serrant la ceinture! Et puis il y en a des qui sont au social et qui roulent en Mercedes avec des lunettes Ray-ban! Et puis tous ces pauvres qui font trop d'enfants, non mais!

Vous pensez que ça n'arrive qu'aux autres, et sûr que vous n'y croiriez pas, vous qui ne vivez pas dans un de ces quartiers « mal habités » , si l'on vous disait que la petite Ghislaine que vous croisiez à l'époque dans les escaliers de votre immeuble de l'avenue de Rumine, à Lausanne, donc le beau quartier par excellence, oui, la petite des Heger, s'y est bel et bien retrouvée un jour, « au social », avec son père dont l'affaire avait périclité et qui fermait les yeux sur ses dettes, et malgré les hautes études dont elle est sortie diplômée - mais si vous n'y croyez pas lisez donc ce livre, même s'il est préfacé par ce « communiste » de Pierre-Yves Maillard!

 

©GhislaineHeger_9987.jpgLaurence, Jimmy, Nelly, Carlos et les autres, solitaires et solidaires

 

Ghislaine Heger nous propose donc ces Itinéraires entrecoupés, rassemblant les témoignages de 23 personnes dont 19 sont de nationalité suisse (on note en passant qu’environ 50 % des bénéficiaires de l'aide sociale sont des Suisses), à quoi s'ajoutent les réflexions de sept personnalités en vue des médias romands (à savoir Amandine, Sergei Aschwanden, Pierrick Destraz, Jonas Schneiter, Anne Carrard, Jean-Philippe Rapp et Isabelle Moncada) manifestant leur solidarité à leurs semblables souvent solitaires qu'on pourrait dire les intermittents de la poisse vu que , le plus souvent, on ne fait que passer «au social».

Sauf que, parfois, la mouise est encore plus tenace que vos meilleurs efforts d'en sortir. Comme c'est arrivé à Laurence, première à témoigner ici et qui a subi tous les coups durs possibles, de jobs perdus pour liquidations économiques en tabassages conjugaux, fuite du désastreux conjoint pillant toute la famille et se retrouvant évidemment, lui aussi, «au social».

Vous croyez qu'il n'y a pas de hasard dans la faute a pas de chance? Bon, c'est vrai que Jimmy, 24 ans au compteur, fils de Chilienne et de père suisse, tous deux alcoolos et toxicos, avait sa voie toute tracée: l’alcool et la dope. Père à seize ans, l’enfant du couple placé en foyer, il s’est retrouvé au plus bas comme son père qui a perdu toute la famille. «Parce que l’alcool et la drogue, c’est un truc pour rester seul». Et pourtant le filet social et ses propres efforts l’ont ramené vers les autres: le petit gars à l'air au bout du tunnel, avec son fiston auquel il espère épargner ce qu’il a vécu.

Vous avez les larmes aux yeux? C'est signe que vous êtes en train de les ouvrir, et ce ne sera pas de trop pour les surprises de la suite.

Avec Nelly, vous pourriez ainsi tomber des nues: Nelly qui a un CV long comme ça dans le médical et l’humanitaire, repartie à 59 ans en Afrique à la rescousse des réfugiés à la frontière camerounaise, donc la vraie mère courage qui a élevé seule ses trois filles et se retrouve soudain foudroyée dans sa santé par un anévrisme de l’aorte qui l’oblige à un arrêt maladie non payé de six mois, avant de recourir «au social».

Or, le parcours de Nelly a quelque chose d’exemplaire, sinon de significatif. Il y a certes des cas plus dramatiques que le sien, comme en témoignent d’autres interlocuteurs de Ghislaine Heger. Mais autant que Nelly, avec un divorce ou les aléas de missions stressantes, une casse de santé ou les obstacles liés à l’âge, chacun est exposé à l’éventualité d’un recours «au social» et à l’humiliation («Vous avez 60 ans et vous devez quémander, c’est blessant et humiliant…»), qui vous ramènent aux réponses stéréotypées des services sociaux vous serinant leur «il faut»!

De belles et bonnes gens…

Vous vous attendez à voir défiler des vaincus aux mines désolées et aux discours paumés? Votre bonne vieille morale de citoyen équilibré qui-a-bossé-toute-sa-vie vous garde de jeter la pierre aux miséreux («pauvreté n’est pas vice», vous a-t-on appris au catéchisme), mais vous trouveriez en somme normal que les requérants du social baissent le nez, d’autant que nombre d’entre eux n’ont pas su résister à l’alcool ou aux paradis artificiels. «Il ne fallait pas», etc.

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Et les voici à visages découverts! Ghislaine Heger les a protégés en évitant d’accoler portraits photographiques et témoignages, pour mieux suggérer que les parcours s’entrecoupent. Mais Géraldine Chollet, la belle danseuse, a réclamé cette double identification et, comme celui de Nelly, son discours est éclairant, qui débouche sur une perspective politique.

D’autres, une fois, encore, sont plus mal lotis, mais une exigence revient à l’unisson: le respect de leur dignité.

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La galerie de portraits de Ghislaine Heger ne dore pas la pilule pour autant. Des difficultés des uns et des autres rien n’est montré comme une norme: des deux jeunes Sarah (la Suissesse et l’Espagnole) ou de Carlos le Portugais revenu d’Angola et s’épanouissant dans la peinture, de Martial le musicien arraché à l’héroïne et se faisant taper sur les doigts parce qu’il file au Sénégal avec l’argent du social (!), ou de Marie ne demandant qu’à travailler à 22 ans alors qu’elle est «au social» depuis sa majorité…

Or ce qu’on se dit finalement, que confirment les voix solidaires des sept belles personnes s’ajoutant aux vingt-trois autres, c’est que l’aide sociale ne se borne pas aux institutions variées (bien présentes, il faut le relever, et recensées dans le livre de Ghislaine Heger) mais requiert notre attention bienveillante à tous.

Ghislaine Heger. Itinéraires entrecoupés. Préface de Pierre-Yves Maillard. Réalités sociales, Tokyo/Moon, 2017, 207p.

Exposition : Portraits de personnes au bénéfice de l’aide sociale. Clarens, Maison de quartier Jaman 8, du 22 au 29 septembre 2017.