08/11/2010

La revanche de Michel Houellebecq

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Prix Goncourt 2010 sans surprise pour La Carte et le territoire, roman déjà plébiscité par le public.

À l’enterrement de Michel Houellebecq, son éditrice Teresa Cremisi sanglote dans le giron de Frédéric Beigbeder en considérant le cercueil d’enfant dans lequel les restes de l’écrivain, méchamment découpé en fines lanières par un pervers collectionneur d’art, ont été recueillis.

La scène est tirée de La Carte et le territoire, dernier roman du plus juteux « poulain » de dame Cremisi, éminence dorée de l’édition parisienne, passée de Gallimard à la tête de Flammarion et qui avait déjà « boosté » les romans précédents de l’écrivain avec un art consommé du marketing.

Résultat de la course : l’auteur le plus  controversé et le plus  « culte »  de la littérature française du tournant du siècle, a obtenu hier le plus prestigieux des prix littéraires parisiens avec un roman  caracolant, depuis quelques semaines déjà, en tête des listes de ventes. Cette « consécration » rappelle celle de Marguerite Duras, en 1984, quand L’Amant, best-seller de la rentrée, avait été «goncourtisé» de manière jugée opportuniste par d’aucuns. En ce qui concerne Houellebecq, ce Goncourt 2010 fait en outre figure de « rattrapage », en matière de reconnaissance symbolique, après que les jurés des grands prix de l’automne  eurent « snobé » ses quatre romans précédents, à commencer par les Particules élémentaires, tous traduits aujourd’hui en une quarantaine de langues…

De fait, souvent honni de ses pairs français, irrités par ses provocations mais plus encore par son succès international, Michel Houellebecq est sans doute l’écrivain français considéré hors de France comme le plus représentatif de sa génération, en phase avec les nouveaux auteurs du monde entier.

Un ton nouveau

Dès Extension du domaine de la lutte, publié en 1994 par un grand découvreur des lettres contemporaines, en la personne de Maurice Nadeau, Houellebecq s’est signalé par une perception nouvelle de la réalité contemporaine, et une façon très directe de parler du monde du travail et de la sexualité, de toutes les formes de déprime et de la fuite en avant dans la course à la réussite et la recherche d’un bonheur souvent factice.

Clonage, échangisme, tourisme sexuel, dérives sectaires ou fanatiques (sa fameuse phrase sur l’islamisme dans Plateforme…), solitude de l’individu dans une société de plus en plus formatée, simulacres de la charité ou de la culture : tels sont, entre autres, les thèmes abordés par ce médium frotté de douce désespérance…     

Au-delà des manoeuvres

Donné pour gagnant, la semaine passée, sur deux pleines pages du Nouvel Observateur, Michel Houellebecq a obtenu le Goncourt après une délibération-éclair d’une minute et 29 secondes, au dire du juré-secrétaire Didier Decoin, et par sept voix contre deux à Virginie Despentes. La campagne de promotion orchestrée par son éditrice, avec son consentement faussement ahuri, a fait converger stratégie de longue date et tactique de dernière ligne. À lui le pompon !

 

Humour panique et mélancolie

On a parlé, pour dégommer La carte et le territoire, d’un roman « consensuel » purgé des aspects «sulfureux» de ses précédents romans, comme s’il s’agissait pour l’écrivain de faire le gros dos en matou matois péchant le compliment. Or, s’il y a un peu de cette suavité composée dans la campagne de promotion de son roman, celui-ci marque une évidente évolution du regard de l’écrivain, devenant ici son propre personnage, sur le monde et sur les gens.

Surtout : Michel Houellebecq reste un observateur aigu, et parfois percutant, de la société qui noue entoure. Des menées personnelles d’un artiste, à la fois intéressant  et « piégé » par un marché de l’art délirant, aux relations de plus en plus équivoques entre culture et commerce, vie privée et publicité, au royaume des marques et de la spéculation, l’écrivain joue avec son propre personnage dans une mise en abyme pleine d’humour tantôt tendre et tantôt noir. Le sentiment du temps qui passe, et du vieillissement, pondère la satire (même si l’association Dignitas en prend pour son grade) et le dessin des personnages se fait plus nuancé, leur substance plus étoffée.

Dans une chronique malveillante témoignant d’une piètre lecture, l’académicien Goncourt Tahar Ben Jelloun a parlé de la mégalomanie de l’écrivain pour le « scier ». Or c’est une tout autre image qu’en donne La Carte et le territoire, roman d’un clown triste jouant le vieillard en pyjama fripé avec une énergie et un fond de jubilation sardonique que nimbe un non moins perceptible mélancolie…

Michel Houellebecq. La Carte et le territoire. Flammarion, 428p.

 

SMS en coulisses ?

Un rien de temps après que l’annonce du Prix Goncourt, attribué hier à Michel Houellebecq par sept voix, contre deux à Virginie Despentes, la nouvelle tombait que le  Prix Renaudot 2010  revenait à ladite romancière « trash », au 11e tour et par  quatre voix, contre trois à Simonetta Greggio.

Or, eût-il pu se faire que Virginie Despentes décrochât à la fois le Goncourt et le Renaudot, à supposer par exemple que, vexés par la rumeur médiatique d’un Goncourt assuré à Houellebecq, les jurés de l’Académie reportent leur voix sur la punkette ?

Cela eût très bien pu se faire, comme cela s’est fait en 1995 où, sans concertation probable, l’écrivain russe francophone André Makine obtint coup sur coup le Prix Médicis, le prix Goncourt et le Goncourt des lycéens pour Le Testament français. De la même façon, la lauréate du Médicis 2010, Maylis de Kerangal, aurait pu décrocher à la fois le Grand Prix du roman de l’Académie française, le Femina, le Médicis et le Goncourt, puisque son (très remarquable) roman, Naissance d’un pont, figurait sur les dernières listes de ces divers prix…

Y a-t-il eu, alors, des téléphones, des billets échangés et autres SMS de concertation ? On peut le supposer. Ou pas. Et qu’importe finalement ?…        

 

 

 

 

 

17:51 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prix goncourt

Houellebecq comme si vous l'aviez lu...

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La carte et le territoire - Lecture annotée.

Avertissement : Ces notes peuvent être utiles à celles et ceux qui n'ont pas lu le Goncourt 2010 et voudraient faire comme,  si en connaissance de cause ou presque...

 Exergue de Charles d’Orléans : « Le monde est ennuyé de moy. Et moy pareillement de luy ».

 

-        « Jeff Koons venait de se lever de son siège, les bras lancés en avant dans un élan d’enthousiasme ».

-        En face de la star de l’art kitsch-porno-branché : Damien Hirst, autre figure de la pseudo-avant-garde contemporaine hyperfriquée.

-        On comprend que les deux lascars sont en train d’être portraiturés dans un décor chicos, par un certain Jed.

-        Jed éprouve autant de peine à saisir l’expression de Koons que s’il s’agissait d’un « pornographe mormon ». Bien vu.

-        Lui trouve également une dégaine de vendeur de décapotables Chevrolet. Pas mal vu non plus.

-        C’est tout de suite très vif, comme dans les premières pages d’Extension.

-        On est le 15 décembre, et son chauffe-eau fait de drôles de bruits.

-        Un an auparavant, il était carrément tombé en panne.

-        Or il se met en quête d’un réparateur.

-        Qu’il finit par dénicher au matin du 24 décembre en la personne d’un Croate.

-        Lequel lui donne l’impression d’en « savoir gros sur la vie ».

-        Jed se rappelle comment in s’est installé dans son atelier d’artiste, neuf ans auparavant.

-        Il a fait récemment un portrait de son père au milieu de ses collaborateurs. Dont la composition est inspirée par une toile de Lorenzo Lotto…

-        Son père, architecte, est un homme fini.

-        Il va passer Noël avec lui.

-        Le vieux vit à Raincy dans une zone désormais à risques.

-        Un an plus tard, le chauffe-eau a tenu et le portrait intitulé Jean-Pierre Martin quittant son entreprise se trouve chez le galeriste de Jed.

-        Excellente modulation de la temporalité narrative.

-        Le père a quitté le Raincy pour une maison de retraite.

-        Se retrouvent Chez Papa.

-        Il parle de sa prochaine expo à son père, dont il évoque la vie de vieux veuf (p.22)

-        Et l’idée de son galeriste de faire un portrait de Michel Houellebecq.

-        Que son père, à son étonnement, connaît.

-        Le père de Jed : « C’est un bon auteur, il me semble. C’est agréable à lire, et il a une vision assez juste de la société »…

-        Jed observe les autres vieillards pendant qu’ils conversent.

-        Voit son père désormais « dans la position de l’enfant pensionnaire ».

-        Tout cela tendrement amer et mélancolique. Très fin, très bien perçu.

-        Jed de son père : « Il attend la libération, l’envol »…

 

-        Se réveille pendant la nuit suivante.

-        Son chauffe-eau lui rappelle le réparateur croate.

-        Qui lui a dit qu’il rêvait d’ouvrir une location de scooters des mers en l’île de Hvar.

-        Va voir sur Internet ce qu’il en est de Hvar…

-        Puis revient à sa toile inachevée de Koons et Hirst.

-        Se demande s’il ne faudrait pas peindre des ailes à Jeff Koons…

-        La paire canaille est au top du classement mondial d’ArtPrice, Hirst No 1 et Koons No 2.

-        Jed, lui, est No 583, mais 17e Français.

-        « C’était vraiment un tableau de merde qu’il était en train de faire ».

-        Il se considère lui-même à une « fin de cycle ». (p.31)

-         

-        Première partie

-        Retour à l’enfance de Jed.

-        Qui a connu ses premiers moments d’extase en dessinant.

-        Des fleurs pour commencer.

-        Dont il a compris le sort dès ses 5 ans…

-        Sensible aussi à la volonté de vivre des animaux.

-        Son père est PDG d’une entreprise de construction de stations balnéaires.

-        La première peinture de Jed, une gouache, représentait « Les foins en Allemagne ».

-        Une œuvre d’imagination…

-        Considère que la beauté est « secondaire en peinture ».

-        Son grand-père était photographe, et son père a eu de grandes espérances d’artiste.

-        En entrant aux Beaux-Arts de Paris, Jed a abandonné la peinture pour la photo.

-        Il a hérité une chambre Linhhof Master Tecnika Classic de son aïeul.

-        Pendant ses études, il s’adonne à la photo des objets manufacturés de toute sorte.

-        Son ambition encyclopédique est de « constituer un catalogue exhaustif des objets de fabrication humaine à l’âge industriel ».

-        Me rappelle une idée de Walter Benjamin.

-        Après son diplôme il se rend compte qu’il va être seul…

-        Il a accumulé quelque 11.000 photos.

-        Après ses études, il revient vivre avec son père au Raincy.

 

-        Il est alors question de la mère de Jed, Anne, qui a épousé son père par amour et s’est suicidée à l’âge de 40 ans.

-        Son père, un jour, lui propose de l’aider à acheter un appart à Paris, pour mieux percer.

-        Ce qui l’amène au boulevard de l’Hôpital.

-        Sa mère ressemble au portrait d’Agathe von Astighwelt ( ???).

-        Une nature apparemment angoissée.

-        Ne l’imagine pas à un concert de rock dans les années 60…

-        Jed a été casé dans un internat dès sa sixième.

-        Accomplit des études sérieuses et tristes.  Lit beaucoup. Sa qualité d’orphelin le protège.

-        Soin projet d’artiste de donner « une description objective du monde » se fonde donc sur un terreau dense.

-        En tout cas on voit très bien le personnage.

-        Après son installation dans le XIIIe, le goût pour la photo lui passe.

-        Quelque temps, il va se passionner pour l’émission de Julien Lepers, Questions pour un champion.

-        Julien Lepers dispute la place de Jean-Pierre Foucault dans son top ten des animateurs…

-        Puis son père l’invite à se rendre à l’enterrement de sa grand-mère, dans la Creuse.

-        C’est au cours de ce voyage qu’il subit son second grand choc esthétique, en achetant la carte « Michelin Départements » de la Creuse, dont la sublimité le bouleverse…

-        Une carte au 1 :150.000e.

-        « L’essence de la modernité, de l’appréhension scientifique et technique du monde, s’y trouvait mêlée avec l’essence de la vie animale. »

-        Devant le corps de sa grand-mère dans son cercueil de chêne, son père lui dit timidement : « Elle croyait en Dieu, tu sais »…

-        Suit un enterrement « à l’ancienne », évoqué avec une sorte de tendre ironie.

-        Le prêtre est un « vieux routier » qui ne cherche pas à escamoter « la réalité du décès ».

-        Son père reparti à Paris, Jed repense à une certaine Geneviève, avec laquelle il a perdu sa virginité.

-        Une Malgache qu’il a connue à l’époque des Beaux-Arts et qui lui a raconté les coutumes de son pays

-        Une étudiante en art qui fait commerce de ses charmes pour arrondir ses fins de mois, et qui lui a tout appris.

-        En matière de dessin, Geneviève était essentiellement « innocente et joyeuse », ce qui le touche.

-        Mais Geneviève lui a préféré un avocat d’affaires.

-        Quant à la maison de la grand-mère, on a décidé de la garder.

-        Considérations sociologiques bien filées sur l’évolution de la campagne française, qui prendront tout leur sens vingt ans plus tard… (p. 61)

-        À son retour à Paris, Jed achète toutes les cartes « Michelin Régions ».

-        Il va travailler pendant six mois sur ce matériau.  

-        Et vient le jour du vernissage.

-        Auquel il remarque bientôt « la plus belle femme qu’il ait jamais vue ».

-        Elle montre beaucoup d’attention à ses travaux.

-        Lui dit travailler chez Michelin : Olga Sheremoyova, du Servie de la communication.

-        La rappelle le lendemain.

-        Se voient Chez Anthony et Georges, rue d’Arras.

-        Olga essaie de pousser le mécénat de Michelin dans le domaine de l’art.

-        Olga trouve les cartes de Jed « vraiment belles ».

-        Après le repas, fin, elle l’accompagne chez lui.

-        Mais il vaut mieux aller chez elle.

-        Où ils vivront leur liaison.

-        Olga est une jeune Russe de l’élite.

-        Elle le fait beaucoup sortir.

-        Il apprend à se tenir en société, sur la défensive.

-        Avec une « courtoise neutralité ».

-        Il en vient à rencontrer Beigbeder en conversation avec une ex-hardeuse qui vient de poublier des entretiens avec un religieux tibétain.

-        Beigbeder à Jed : « Alors c’est vous ? ». par allusion à Olga, qu’il a « eue ».

-        Mais Jed ne sait pas quoi répondre. Et MH philosophe : « Que répondre, en général, aux interrogations humaines ». Exquis.

-        Croquis rapide de FB. Pas mal.

-        Déconne gentiment : « La littérature, comme plan, c’est complètement râpé », dit-il à Jed, sous entendu. C’est artiste qu’il faut être pour lever les plus belles femmes. Ce gens de choses.

-        Dans la foulée, Jed s’est trouvé « lancé ».

-        Sa prochaine expo est projetée, à laquelle collaborera une attachée de presse, Marylin, qui dit travailler « dans l’humain ».

-        Marylin fait très fort.

-        Titre de l’exposition : La carte est plus forte que le territoire.

-        Marylin gère les médias en championne.

-        Les articles vont gicler.

-        Patrick Kéchichian va délirer dans le genre mystique.

-        On fête l’événement chez les deux tantes sympas.

-        Anthony a un peu forci. MH : « c’était sans doute inévitable, la sécrétion de testostérone diminue avec l’âge, le taux de masse graisseuse augmente, il abordait l’âge critique ». Toujours la note romantique…

-        Où il est question de l’outing décisif de Jean-Pierre Pernaut, décisif pour les cuisiniers…

-        Un mois plus tard, Marylin débarque avec la presse. « On a tout le monde »…

-        Et Marylin repart vers sa destinée obscure de « guerrière »…

-        Considérations de MH sur les effets de mode et les engouements spontanés. (p.89)

-        Le succès de Jed mis en rapport avec celui des cours de cuisine, de la randonnée et des nouvelles créations charcutières ou fromagères, entre autres vins exquis.

-        De la « magie du terroir » et autres tartes.

-        Patrick Forestier, patron de Michelin, convoque Jed et lui déclare : We are a team »…

-        Lui propose de se déployer par lui-même, non sans lui proposer un contrat win-win.

-        Tout ça est finement et rondement mené.

-        Jed découvre ensuite les arcanes de la « formation du prix ».

-        En plaçant se sphotos en ligne, constate qu’il vaut cher : 2000 euros pour du 40x60.

-        Son revenu, entretemps, a dépassé celui d’Olga.

-        Considérations sur les goûts culinaires de l’époque et la préférence pour unecuisine « à l’anciene », qui incite Olga à contacter le directeur du segment Food luxe pour booster la gastro vintage. Exquisite.

-        Jed et Olga vivent plusieurs semaines de bonheur.

-        Souvent trois pages assez carabinées sur l’épicurisme tendance, la « cuisine d’intuition » et toutes ces sublimités coûteuses.

-        Cependant Olga va poursuivre sa vie en Russie, pour développer la présence de Michelin.

-        Elle propose à Jed de la suivre.

-        Mais il met du temps à répondre… (p.103)

-        Le 28 juin, Jed accompagne Olga à Roissy.

-        Se sent un peu démuni.

-        L’impression qu’il va franchir une nouvelle étape.

-        Réflexion sur les relations humaines, où il ne brille pas, et sur la famille.

-        Après lke départ d’Olga, de retour chez lui, son travail récent lui semble compètement vide. Il fiche tout à la poubelle.

-        Des années plus tard, devenu extrêmement célèbre, il dira qu’être artiste a toujours représenté à ses yeux le fait d’être soumis.

-        Il faudrait plutôt traduire : poreux.

-        Soumis à ses intuitions.

-        C’est pour ça qu’il détruit son travail.

-        Forestier, le directeur de la communication de Michelin, n’accueille pas mal la nouvelle.

-        Forestier déplore la mutation d’Olga.

-        Estime que la DG l’a enculé.

-        Les investisseurs étrangers dictent la nouvelle donne.

-        Il encourage Jed à rebondir.

-        Ils ont collaboré win-win…

-        Rien ne se passe pendant les semaines qui suivent.

-        Puis un type, la cinquantaine. L’aiur d’un situationniste belge, le hèle. Un certain Franz Teller, qui se dit galeriste.

-        Attiré par la mutation de Jed.

-        Se présente comme un pur intuitif, puis fait visiter sa galerie à Jed, une ancienne usine de construction métallique.

-        Jed est décontenancé par cette rencontre.

-        En octobre il fait une autre expérience intéressante qui l’amène rue Trudaine, dans le cabinet de son père.

-        Qu’il va retrouver.

-        Pour lui conseiller de se retirer.

-        Ce qui interloque son père : « Mais qu’est-ce que je ferais ? ».

-        Jed aussi vit un mauvais passage en matière de vie végétative.

-        Le souvenir de Joe Dassin, trèps apprécié d’Olga, le tarabuste…

-        Sur quoi, Jed passant devant le magasin Sennelier, va se décider son « retour à la peinture », qui sera très commenté plus tard…

-        Du pur Houellebecq. « Par la suite, Jed ne devait pas rester fidèle à la marque Sennelier »…

-        Ses deux prochaines toiles seront consacrée à un boucher chevalin et à un gérant de bar-tabac. À l’huile…

-        Se lance dans une série de métiers. Très Cavalier cela.

-        Sans rien de nostalgique au demeurant.

-        Cette série va durer sept ans.

-        Il y aura aussi une Aimée, escort girl.

-        Et La conversation de Palo Alto, chef-d’œuvre probable de la série de « compositions d’entreprise ».

-        22 tableaux réalisés en moins de 18 mois.

-         

-        Deuxième partie

-        Le 25 décembre, Jed décide d’organiser une nouvelle expo.

-        Envoie un mail de relance à Houellebecq.

-        Pui il appelle Beigbeder pour lui demander un service.

-        Ils se retrouvent à la Closerie des Lilas.

-        FB est d’accord de l’aider à s’introduire chez MH.

-        Lui suggère de jouer sur l’argent.

-        MH a été « séché » par son divorce.

-        Lui apprend qu’Olga l’a vraiment aimé.

-        Et qu’elle va diriger Michelin TV, sous l responsabilité de Jean-Pierre Pernaut.

-        Jed quitte Roissy pour Shannon.

-        Réagit à la vision d’une galerie de portraits de célébrités.

-        Se rend donc chez Houellebecq.

-        Qui a choisi l’ « option bungalow » et néglige sa pelouse…

-        Houellebecq s’excuse pour l’état de sa pelouse.

-        En ces lieux depuis trois ans.

-        MH lui offre de la charcuterie.

-        Puis se lance dans une défense fervente du porc « capable d’une affection sincère et exclusive pour son maître ».

-        J’aime beaucoup cet humour au second degré. MH ne craint pas de paraître idiot. Bon point.

-         MH examine ensuite les travaux de Jed et conclut qu’il va accepter.

-        Parle ensuite des radiateurs en fonte, et du parcours de la fonte dans le monde actuel, lié à un drame humain…

-        Jed explique qu’il est revenu à la peinture à cause des personnages.

-        Trouve que la nature morte n’a plus aucun sens depuis la photo.

-        Puis MH propose un dîner au Oakwood Arms.

-        Fait ensuite l’éloge de la Taïlande, qui est plus simple que l’Irlande, « équatorial, administratif »….

-        Puis, comme Jed lui reproche un peu de jouer son rôle, MH annonce qu’il va retourner sans la Loiret. Où il pourrait chasser le ragondin…

-        Ils vont donc dîner. MH parle de la haien qui le poursuit.

-        Parlent des journaux.

-        Puis du retour à la peinture.

-        Jed dit que ce qu’il fait se situe « entièrement dans le social ».

-        Jed lui propose de le payer avec un tableau.

-        MH dit que la seule chose qu’il possède dans sa vie se réduit à des murs… (p.150)

-        Le lendemain, Jed va dans une grande surface puis gagne l’aéroport. Nouvelles considérations sur la topologie du monde.

-        Sur le départ, Jed téléphone à MH pour lui dire qu’il aimerait faire son portrait.

-        Dialogue exquis : « Il y a un jour, une semaine spéciale où vous êtes libre ? ». Et MH : Pas vraiment. La plupart du temps, je ne fais rien… »

-        Franz est emballé par la perspective.

-        Marylin refait surface.

-        La série des portraits fera l’objet de la prochaine expo.

-        Une dizaine d’années se sont écoulées.

-        Il est sorti du circuit de l’art. Et ce sera donc son grand retour.

-        Il retourne ensuite en Irlande.

-        Où MH le reçoit en pyjama rayé gris, puant un peu.

-        Le reçoit plutôt mal. Il a replongé au niveau charcuterie et ressemble à une vieille tortue malade.

-        Très méfiant quand Jed s’approche de ses manuscrits.

-        Plus inattendu que jamais, MH se livre à une apologie de Jean-Louis Curtis. Pour ses pastiches de La France m’épuise…

-        Deux pages sur Curtis (pp.168-168)

-        Suivent des considérations sur les goûts de MH en matière de consommation : à propos des chaussures Paraboot Marcje, de l’ordi Canon Libris et de la parka Camel Legend…

-        Evoquant la disparition de la Parka Legend, MH pleure…

-        Puis l’ « illustre écrivain », comme Houellebecq  appelle MH, se livre à diverses facéties, en « vieux décadent fatigué ».

-        Trouve l’idée du portrait « ronflante »…

-        Jed se rappelle ce qu’Olga lui a dit de son regard : un regard intense…

-        MH lui dit que son sentiment d’apartenance à l’espèce humaine diminue de plus en plus. (p.175)

-        Puis MH se livre à une diatribe contre Picasso qui selon lui a une « âme hideuse ».

-        Puis, quand Jed le quitte, il lui dit avec un sourire désarmant qu’il prend la peinture au sérieux…

-        Jed revient par Beauvais.

-        OÙ il « prend du recul »…

-        Suivent des considération, émises par des historiens d’art, sur le portrait de MH par Jed. (Pp. 184-185)

-        Il y est question de l’ « incroyable expressivité » du sujet, avec quelque chose de démoniaque dans la « transe »…

-        Le texte de MH, pour le catalogue, arrive le 31 ocobre. Une cinquantaine de pages contenant des « intuitions intéressantes ».

-        MH qualifie le regard de Jed comme d’un ethnologue.

-        Suit un développement, à propos de leur portrait, sur Bill Gates et Steve Jobs (pp.189-190). Très intéressant ! Cela donne envie de voir le tableau…

-        Le vernissage de l’expo est fixé au 11 décembre.

-        Avant de se pointer à l’expo, Jed se rend dans une grande surface. Bain de foule et d’objets…

-        Se demande s’il n’est pas gagné par un certain sentiment d’amitié pour Houdellebecq.

-        Quand il arrive à l’expo, Marylin lui dit : « Ya du lourd ».

-        Et de fait il y a de l’acheteur international et François Pinault et autres huiles…

-        Patrick Kéchichian en prend pour son grade, dont la dame du Monde refuse l’article genre « cuculterie bondieusarde».

-        La fortune commence de sourire à Jed.

-        Qui a l’air plus ou moins de s’en foutre.

-        Franz lui parle des offres d’hommes d’affaires qui veulent qu’on leur tire leur portrait, comme sous l’Ancien Régime.

-        Jed est toujours décidé à donner son portrait à MH, estimé 750.000 euros.

-        Jed est devenu l’artiste français le plus payé.

-        Mais on sent qu’il en est déjà fatigué. Ce que Franz perçoit.

-         Il va passer Noël avev son père.

-        Dont le cancer du rectum s’est aggravé.

-        « Je peux plus supporter la gueule des êtres humains », lui dit-il.

-        La rencontre est émouvante.

-        Jed raconte longuement la motivation de sa peinture, visant à décrire les rouages de la société.

-        Dit à Jed qu’il ne va pas lui expliquer les causes du suicide de sa mère, vu qu’il n’en sait rien (« Probablement est-ce qu’elle n’aimait pas la vie, voilà tout ») mais précise que le cyanure l’a empêchée de souffrir.

-        Le père n’a connu aucune autre femme, mais il envie de clopes.

-        Que Jed va lui chercher au coin de la rue.

-        Evoque ensuite le temps de la fumée et des grandes discussions, de ses espérances de jeune architecte, de son opposition au fonctionnalisme et de son sentiment d’écolo avant la lettre, de Fourier – très intéressant aperçu. (p.222)

-        Evoque son opposition à Corbu.

-        Très intéressant développement sur William Morris.

-        Distinction entre art et artisanat, sur la ligne de Gropius.

-        Comment il a fini par se résigner à fabriquer des stations balnéaires, qui l’ont enrichi. L’homme des illusions perdues…

-        Le 25 décembre, Olga refait surface.

-        Qui l’infite à une grande réception chez Jean-Pierre Pernaut.

-        Notes gratinées sur la « personnalité visionnaire » de cet apôtre de l’authenticité et des vraies valeurs.

-        Le lendemain, il achète « Les Magnifiques Métiers de l’artisanat », qu’il rapproche de William Morris et de sa notion de « progrès lent ».

-        Divers propos délicieusement pince-sans-tiure sur le monde des médias,

-        Puis il téléphone à Houellebecq, qui vient de couper du bois pendant une heure et se trouve en pleine forme. Lui annionce qu’il va lui amener son portrait…

-        MH a l’air heureux.

-        Réception mahousse chez Jean-Pierre Pernaut,

-        Dont l’hôtel particulier, en Vendée, est gardé par des paysans à fourches.

-        Une dizaine de binious bretons font la musique.

-        Jed n’a jamais vu in si grand appart de sa vie.

-        Il y a là 200-300 invités.

-        Jed a peint « Le journaliste Jean-Pierre Paraut animant un comité de rédaction », un tableau « discret ».

-        Il y a là Patrick Le Lay, Julien Lepers, Pierre Bellemare, Claire Chazal, et le staff de Michelin qui donne le ton…

-        Finalement, Olga ramène chez elle le « petit Français fragile ».

-        Le lendemain Jed, bientôt 40 ans, se réveille auprès d’Olga.

-        « La sexualité est une chose fragile, il est difficile d’y entrer, si facile d’en sortir »…

-        Il se rend compte que c’est fini entre eux.

-        Le portrait de Houellebecq fait partie de sa dernière synthèse.

-        Jed avance par synthèses successives. Très intéressant.

-        Ensuite monte dans son Audi direction le trou de province où Houellebecq se terre.

-        L’écrivain a changé depuis la dernière fois.

-        Il dort dans son ancien lit d’enfant.

-        Il prétend qu’il a essayé d’écrire un poème sur le soiseaux, et qu’il vieillit « tranquillement ».

-        Le remercie pour le tableau.

-        Sans faire autrement attention.

-        « Il me rappellera que j’ai eu une vie intense, par moments ». Tordant.

-        Parle de Tocqueville.

-        Puis de William Morris.

-        Troisième partie

-        Où il est question d’un certain Jasselin.

-        Un flic, dont le collègue Ferber est prostré.

-        Trois gendarmes sont également sonnés.

-        On flaire la scène de crime.

-        À côté d’une « longère ». Et c’est comme ça qu’on a appelé la maison  de Houelebecq.

-        Pas mal de mouches sur les lieux.

-        Et de fait, la victime est Michel Houellebecq.

-        Un crime affreux. La victime retrouvée décapitée et en charpie…

-        Suit un peu de documentation sur le commissaire

-        Satire sur le village culturel reconstutué.

-        Avec une rue Heidegger et une place Parménide. Mouais.

-          On est alors en 2011…

-        Jasselin revient aux lieux du crime.

-        Les experts s’activent.

-        La tête de l’écrivain et du chien ont été découpées proprement, par un pro.

-        Suivent quelques pages détaillées sur le commissaire.

-        Longue digression pourquoi ?

-        Digression sur son chien Michou, bichon bolonais…

-        Un peu fastidieux à mon goût.

-        De la stérilité du commissaire et de son chien bichon Michou…

-        Tout ça pas vraiment passionnant.

-        Les flics à propos de MH : « Ce type semblait n’avoir aucune vie privée ».

-        Divorcé deux fois, un enfant qu’il ne voyait pas.

-        L’enquête se poursuit sur la piste médicale.

-        Le lendemain, la nouvelle éclate dans les médias.

-        Tout le monde se dit « atterré ».

-        Teresa Cremisi évoque les ennemis littéraires de MH devant les flics.

-        Puis c’est l’enterrement (p.317), au cimetière du Montparnasse.

-        Dans une concession proche de la tombe d’Emmanuel Bove !

-        MH le présumé athée s’est fait discrètement baptiser six mois auparavant, apprend-on.

-        Les restes très déchiquetés de l’écrivain ont été recueillis dans des sachets et placés dans un cercueil d’enfant.

-        De l’opinion de Jasselin sur les seins siliconés (p.329)

-        Jasselin et sa femme Hélène, économiste, ont d’intéressantes conversations.

-        Jasselin à propos de MH : « Au total, il avait rarement vu quelqu’un ayant une vie aussi chiante ».

-        L’enquête se poursuit dans l’ordinateur de MH.

-        Un « petit vieux» et sympa…

-        Quelques Ex qui témoigneront.

-        On remonte jusqu’à Jed Martin.

-        La mort de MH a surpris Jed.

-        Son père l’a convoqué pour lui dire qu’il a décidé de se faire euthanasier. En Suisse.

-        Jed réagit assez piteusement.

-        Etre l’enfant de deux suicidés ne lui plait pas. Trouve que ça fait beaucoup.

-        Son père le prend mal.

-        Mais lui-même n’éprouve pour la vie qu’ »un amour hésitant ».

-        Jed va comparaître devant Jasselin. (p.348)

-        « La modernité était peut-être une erreur, se dit Jed pour la première fois de sa vue » en avisant le bâtiment de l’Institut à la rotondité inutile…

-        Jausselin lui apprend que MH a été découpé en lanières.

-        Sur les photos, le sol jonché des bouts d’Houellebecq évoque un Pollock. Comique.

-        Jed est assez secoué par le Pollock.

-        Ils se rendent ensemble dans le Loiret, au domicile de MH.

-        Discussion sur le mal (p.358).

-        « Le monde est médiocre », dit Jed, « et celui qui a commis ce meurtre au augmenté la médiocrité dans le monde ».

-        Ils arrivent à Souppes, où l’écrivain a vécu ses derniers jozrs.

-        L’évocation des lieux fait très fort penser à du Ballard.

-        Jed constate aussitôt que son tableau a été volé.

-        Un tableau qui vaut maintenant 900.000 euros.

-        Jasselin conclut que l’affaire est résolue : le vol a été maquillé en crime.

-        On retrouve Jed à Zurich, sur le straces de son pèpre et de l’association Dignitas d’aide au suicide.

-        L’entreprise jouxte un bordel de luxe.

-        Un peu téléphoné, mais on est dans la satire.

-        Jed voit les cercueils sortir à la queue leu-leu du bâtiment de Dignitas.

-        Mais Jed arrive trop tard.

-        « Tout est en ordre », lui dit la réceptionniste. Bien vu ! Il la gifle violemment. Bien fait !

-        Et dire que Ben Jelloun trouve de l’émotion à cet épisode ! Foutaise.

-        Epilogue

-        Quelques mois plus tard, Jasselin part en retraite.

-        Se retire en Bretagne pour jardiner.

-        Fait jurer à Ferber de ne pas laisser tomber l’affaire.

-        L’affaire n’est résolue que 3 ans plus tard, par hasard.

-        Lorsqu’on arrête un trafiquant d’insectes.

-        La piste conduit à un chirurgien collectionneur pervers grave.

-        On trouve chez lui des plastinisations de Von Hagens et le portrait de MH.

-        À présent le tableau vaut 12 millions.

-        Et revient à Jed.

-        Lequel prend congé de son chauffe-eau et s’établit en Creuse à la Candide, pour ne pas cultiver son jardin.

-        Et les années passent.

-        On enterre Beigbeder.

-        L’œuvre de Jed va connaître diverses autres étapes.

-        La France se ruralise de plus en plus vers 2020.

-        Tout est bien… (p.428)

- Bon roman. Très intéressant. Moins vertigineux que Possibilité d'une île mais non moins riche d'observations  et comme apaisé, mélancolique et pince-sas-rire.