24/05/2020

Les passions de Gemma Salem étaient des défis à la mort

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Hommage reconnaissant à l'Amie et à l'Écrivain,

par JLK

C’est entendu: vous avez chialé un bon coup après vous être exclamé «non mais c’est pas vrai! », et quand vous avez compris que c’était vrai vous avez fait votre job de vivants qui est de se lamenter à la cantonade, saules pleureurs et pleureuse éplorées que vous êtes alors que déjà, là-bas, Gemma se rallumait une nouvelle clope dans son cimetière autrichien avant d’éclater de rire en s’imaginant, bande d’éclopés, ses fistons et leur smala, ses amis et autres ennemis, vos pauvres mines d’enterrement !

Gemma Salem les pieds devant: non mais t’imagines ! Bien plutôt, après le pied au cul de sa mère - elle l’avait écrit noir sur blanc -, cette dernière fois au derche de la mère du monde qui vous fauchera toutes et tous à la fin, ça aussi c’est écrit !

Et c’est ça aussi qui nous reste : ce qui est écrit. Les écrits de Gemma Salem qui font la pige à toutes les détresses, des écrits comme qui dirait « pour la vie», donc des écrits qui chialent comme vous et qui rient pour tous - des écrits comme dictés par la vie et qui survivront parce qu’ils sont plus que de simples «récits de vie». Des écrits qui ne sont pas que de plates copies de la vie mais qui ajoutent à celle-ci la valeur ajoutée de ce qu’on appelle l’Art avec une grande aile, ou la Littérature à majuscule vénérable, ou la poésie mais sans chichis - et surtout musique à l’appui: la poésie de Schubert qui écrivait spécialement pour cette cinglée de Gemma - croyait-elle dur comme fer -, la poésie de Beethoven et son grand mouvement de rumba, la poésie de ce cœur de chien de Boulgakov , la folle poésie décavée de Jean Rhys en ses propres Tropiques passionnels, la poésie martelante et martelée de TB alias Thomas Bernhard à jamais inatteignable et bien avant qu’il l’eut précédée par delà les eaux sombres. Thomas Bernhard mort ? Et quoi encore !

Au commencent était l’Artiste

Gemma, qui n’était pas encore Gemma Salem l’écrivain (jamais je n’arriverai à la dire écrivaine), m’est apparue à la toute fin d’une soirée dans un caveau lausannois enfumé qui symbolisait alors la bohème locale, à l’enseigne des Faux-Nez, et tout aussitôt j’ai pensé : Princesse persane, Reine sarrasine, Shéhérazade à Gauloises bleues - et c’était parti pour un bout de comédie avec l’Actrice, vu qu’à l’époque Gemma Salem se croyait faite pour le théâtre.

Or notre première engueulade, avec Gemma championne du genre, remonte à cet instant où elle a senti, sans que je ne lui dise rien, que je ne croyais pas qu’elle fût le moins du monde actrice, convaincu qu’elle était trop elle-même pour incarner jamais un autre personnage sur une scène, et du coup elle m’en voulut à mort de le penser sans le dire vu qu’elle-même le sentait sans oser le reconnaître; et je ne fus guère surpris de la retrouver, plus tard, dans un autre rôle où elle pouvait incarner tous les personnages qui lui chantaient à sa guise, rien qu’avec une plume et du sang vif (du sang bleu s’il vous plaît) pour l’exprimer.

Cependant l’essentiel demeurait: Gemma Salem l’écrivain avait remplacé l’actrice au pied levé et l’Artiste demeurait. Pas étonnant d’ailleurs que L’Artiste (La Table ronde, 1991 - prix Schiller) soit le titre d’un de ses livres. Mais plus que surprenant, réellement stupéfiante : l’immédiate puissance de l’écrivain, brassant une vie entière à pleines mains et en tirant un vrai premier roman dense et vibrant d’émotion, formidablement vivant.

Des passions vécues et sublimées par l’écriture

L’histoire du Roman de Monsieur Boulgakovest celle d’une passion «incendiaire» autant qu’imaginaire. Une jeune comédienne aux origines panachées d’Orient pimenté et de Suisse confite, installée dans le Midi et languissant un peu d’accéder à la gloire tous azimuts, tombe soudain sur le specimen masculin de ses rêves : un écrivain russe  fascinant mais rayé du nombre des vivants dans le crépuscule sanglant des années 30. Rencontre donc de type occulte…


La comédienne s’appelle Gemma Salem. L’auteur est Mikhaïl Afanassiévitch Boulgakov, auteur du Maître et Marguerite, des Oeufs fatidiques,du Roman théâtralet de Cœur de chien, mais aussi des Récits d’un jeune médecinqui l’apparentant à un certain Anton Pavlovitch Tchekhov, future autre passion de Gemma.
Or le coup de foudre de celle-ci pour Boulgakov est tel que, non contente de dévorer tous ses écrits traduits en quelques mois, elle en investit et réfracte l’univers à la façon de Diablerie- nouvelle du même Boulgakov -, poussant l’observation mimétique de la discordance entre réalité et fiction jusqu’à l’absurde hallucinant.
Plus précisément, Gemma Salem, dansLe Roman de Monsieur Bulgakov,reconstitue des lieux et fait parler des personnages de chair et de sang,  fondant tout cela dans le mouvement d’un temps fuyant, à la fois tangible et impalpable.
C’est ainsi que, dès les premières pages du roman, nous nous transportons, aux côtés du jeune Micha, alors toubib débutant, dans le Kiev de son enfance. Et dès ce moment se remarque l’habileté avec laquelle Gemma Salem tire parti d’éléments empruntés aux œuvres de l’écrivain, pour donner au roman son climat, ses couleurs et sa vraisemblance, et cela sans qu’on n’ait jamais l’impression de subir une compilation non plus qu’un relevé de filature.
Ensuite nous suivrons Boulgakov à travers les années, des lendemains de la Révolutuoin à la fin des années 30, au fil d’une production littéraire très étroitement surveillée dès ses débuts, à cause de sa liberté de ton et de sa propension satirique, complètement interdite de publication et de représentation au tournant de 1928 (quand bien même Staline avait vu et revu dix–sept fois la pièce intitulée Les Journées des Tourbine!) et que l’acharnement de sa dernière compagne – le très beau personnage de Lena – fera sortir des tiroirs d’infamie après la mort de l’écrivain.
De ce dernier,Le Roman de Monsieur Boulgakovnous donne une image attachante et nuancée. En évitant les pièges de l’idéalisation ou du sentimentalisme, si fréquents dans le genre, Gemma Salem a recomposé le portrait d’un Monsieur très porté sur la vie et les femmes, capable d’autant d’amitié chaleureuse que d’intransigeance têtue, qui tenait par-dessus tout à préserver ses œuvres de toute compromission. Or, d’une certaine manière, et ce sera vrai de tous ses livres, l’écrivain brosse son propre portrait en travaillant à celui de son modèle.
J’ai parlé de mimétisme à propos de la relation de Gemma Salem avec Boulgakov, dont le sort de David poétique en butte à l’écrasant Goliath soviétique ne pouvait qu’émouvoir la jeune femme blessée par la vie et en bisbille déclarée avec les pesanteurs de la famille et de la société, et c’est le même type de rapport - maintes fois décrit par un René Girard dans ses analyses de la passion mimétique -, qu’elle établira avec Thomas Bernhard, jusqu’à une identification redoutable du fait que l’imprécateur autrichien restait, lui, bien vivant…

Que l’acte artistique relève de la conversion

 

Tous les livres de Gemma Salem, jusqu’aux plus agressifs ou acides, comme Mes amis et autres ennemis(Zulma, 1995) ouLa Rumba à Beethoven(Pierre-Guillaume de Roux, 2019) sont des histoires d’amour relevant de l’exorcisme et qui disent à la fois les beautés de la vie (les enfants et les animaux, la musique et les sentiments délicats) et le mal de vivre, l’exécration du mensonge sentimental ou « romantique », le mépris qu’elle partageait avec Thomas Bernhard de tous les simulacres sociaux ou culturels qu’elle pointe notamment dans ses tableaux au vitriol d’une certaine Suisse hypocritement convenable, notamment dans Les exilés de Khorramshahr(La Table ronde, 1986) et dansBétulia(Flammarion, 1987), où la rage tonique de sa deuxième flamme littéraire se fait déjà sentir, qui se développera plus librement dans sa fameuse Lettre à l’hermite autrichien(La Table ronde, 1989), relancée dans Thomas Bernhard et les siens(La Table ronde 1993) et jusque dans son dernier livre, sur le ton plus apaisé d’un bilan existentiel très émouvant où elle «prend sur elle», comme on dit, en se reprochant son terrifiant amour propre…

 
Il y a, de fait, chez Gemma Salem, comme chez le grand emmerdeur autrichien, un personnage à la fois solaire et son double farouchement ombrageux, pas loin des possédé(e)s de Dostoïevski, qui se rend parfois la vie aussi impossible qu’à son entourage, mais que l’Art, une fois encore, délivre - cela même qu’entend René Girard une fois encore, dans Mensonge romantique et vérité romanesque.


La figure de Thomas Bernhard, assis sur un banc les mains aux poche, l’air de nous dire qu’il n’en a rien à fiche, trône sur la couverture d’Où sont ceux que ton cœur aime(Arléa, 2019), mais TB n’est qu’un truchement : le médiateur par excellence que Gemma n’a jamais pu enlacer «pour de vrai», une figure de la pureté dans un monde avachi par le kitsch, un contempteur de toutes les illusions à bon marché mais qui nous fait un clin d’œil amical comme Gemma, fumant son dernier pétard sur sa tombe, nous en vrille un plein d’amour…

JLK

À La Désirade, ce 24 mai 2020.

23/05/2020

Gemma Salem n'est plus

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C'est avec une profonde tristesse que nous venons d'apprendre le décès, à Vienne de notre amie Gemma Salem, soeur de feu Gérard et de Gilbert, et mère de Richard et Karim Dubugnon.

Avec Gemma Salem disparaît une auteure très remarquable, qui était entrée en littérature en 1982 avec un portrait romanesque mémorable de Mikhaïl Boulgakov, son premier amour littéraire avant sa rencontre de Thomas Bernhard auquel elle consacra plusieurs ouvrages de premier ordre et à qui elle rendait un nouvel hommage dans son dernier livre paru à la fin de l'an dernier, intitulé Où sont ceux que ton coeur aime et publié dans la collection La rencontre des éditions Arléa...

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Un amour de Boulgakov

Au début des années 80, Gemma Salem publiait son premier roman, auquel je consacrai ce papier, paru dans le journal Libération le 22 avril 1982.

L’histoire du Roman de Monsieur Boulgakov est celle d’une passion « incendiaire ». Une jeune comédienne aux origines panachées d’Orient pimenté et de Suisse confite, installée dans le Midi et languissant un peu d’accéder à la gloire tous azimuts, tombe soudain sur le specimen masculin de ses rêves : un écrivain russe très grand en centimètres autant qu’en format littéraire, mais rayé du nombre des vivants dans le crépuscule sanglant des années 30. Rencontre donc de type occulte…

La comédienne s’appelle Gemma Salem. L’auteur est Mikhaïl Afanassiévitch Boulgakov, auteur du Maître et Marguerite, des Oeufs fatidiques, du Roman théâtral et de Cœur de chien.

Or le coup de foudre de Gemma Salem est tel que, non contente de dévorer tous les écrits traduits de Boulgakov en quelques mois, elle en a investi et réfracté l’univers à la façon de Diablerie - nouvelle du même Boulgakov -, poussant l’observation mimétique de la discordance entre réalité et discours jusqu’à l’absurde hallucinant.

À dire vrai, Le Roman de Monsieur Boulgakov ne nous intéresse pas tant par son approche, d’ailleurs très partielle, des positions éthiques ou esthétiques de l’écrivain, que par la recréation, vivante et truculente, d’un destin et de ses péripéties. Gemma Salem suggère des lieux et projette des espaces, fait parler des personnages de chair et fond tout cela dans le mouvement d’un temps fuyant, à la fois tangible et impalpable.

C’est ainsi que, dès les premières pages du roman, nous nous transportons, aux côtés du jeune Micha, alors toubib débutant, dans le Kiev de son enfance. Puis nous voilà, après un voyage congelant, dans le trou de province des Récits d’un jeune médecin, la première de ses œuvres, où Mikhaïl Boulgakov brassa maux et misères à pleines mains.

Et dès ce moment, aussi, se remarque l’habileté avec laquelle Gemma Salem tire parti d’éléments empruntés aux œuvres de l’écrivain, pour donner au roman son climat, ses couleurs et sa vraisemblance, et cela sans qu’on n’ait jamais l’impression de subir une compilation non plus qu’un relevé de filature.

Ensuite nous suivrons Boulgakov à travers les années, des lendemains de la Révolutuoin à la fin des années 30, au fil d’une production littéraire très étroitement surveillée dès ses débuts, à cause de sa liberté de ton et de sa propension satirique, complètement interdite de publication et de représentation au tournant de 1928 (quand bien même Staline avait vu et revu dix–sept fois la pièce intitulée Les Journées des Tourbine !) et que l’acharnement de sa dernière compagne – le très beau personnage de Lena – fera sortir des tiroirs d’infamie après la mort de l’écrivain.

De ce dernier, Le Roman de Monsieur Boulgakov nous donne une image attachante et nuancée. En évitant les pièges de l’idéalisation ou du sentimentalisme, si fréquents dans le genre, Gemma Salem a recomposé le portrait d’un Monsieur très porté sur la vie et les femmes, capable d’autant d’amitié chaleureuse que d’intransigeance têtue, qui tenait par-dessus tout à préserver ses œuvres de toute compromission.

En outre, l’intérêt du livre, autant qu’à la figure du grand écrivain, tient aussi aux scènes multiples visant à restituer l’ensemble d’une époque, avec sa kyrielle de personnages nimbés d’ombre ou de lumière : le maître du Kremlin grasseyant au téléphone, Constantin Stanislavski pontifiant et un peu cacochyme., qui tyrannise ses disciples du Théâtre d’Art, l’affreux journaliste flicard Orlinski commis à l’exécution systématique des œuvres de Boulgakov, ou Sergueï Ermolinski, l’ami des bons et des mauvais jours, et enfin la toute dévouée et tout aimante Lena, à laquelle Gemma Salem prête sa voix dans le monologue poignant du dernier chapitre, devant la dépouille mortelle de son génial compagnon.

Gemma Salem. Le Roman de Monsieur Boulgakov. Editions L’Âge d’homme, collection Contemporains, 1982.

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La maison des vifs

D'une verve mordante sur fond de tendresse, le roman de Gemma Salem intitulé Bétulia confirmait les dons de la romancière en 1987. Ce que j'en écrivais dans Le Matin de Lausanne...

Si les verts paradis de l’enfance ont inspiré les écrivains jusqu’à satiété, il n’en va pas de même de l’adolescence, dont la tonalité souvent discordante est plus malaisée à rendre, aussi ingrate en somme que l’âge qu’elle désigne.

Tantôt poétisée, comme dans Le grand Meaulnes d’Alain-Fournier, et tantôt associée à une mythologie plus truculente, ainsi que s’y est employé Alexandre Vialatte dans Les fruits du Congo, l’adolescence est magnifiée dans les meilleures oeuvres qui en évoquent les brumes ou les frasques. Mais le portrait définitif de l’adolescent contemporain, qui en sait à la fois trop et trop peu, et dont les sentiments s exacerbent à proportion de son impatience idéaliste, reste encore à faire.

Du moins en trouve-ton déjà, ici et là, des esquisses appréciables, et celle que nous propose Gemma Salem dans son dernier roman nous paraît des plus attachantes, avec cela de notable qu’il s’agit d’abord d’un livre comique.

Le premier mérite de l’auteur est d’avoir évité tous les poncifs au goût du jour, nous surprenant à chaque page. Qu’il soit question, en l’occurrence, d’un garçon prénommé Léon, fils de parents désunis et que son père accueille en cette arche lausannoise qui donne son nom au titre du livre et où cohabite toute une smalah de plus ou moins marginaux, pouvait faire craindre le pire : les sanglots du caniche abandonné, sa prise de conscience politique au voisinage de tel chanteur boy-scout, ou le déploiement de ses fantasmes à l’approche de vraies dames en chair...

Or c’était compter sans la bonne nature de l’auteur, qu’on retrouve ici en veine et en verve, et qui parvient, à touches légères et mordantes à la fois,; à faire revivre une frise de personnages hauts en couleur dont les traits pittoresques s’intégrent, finalement, dans une vision singulièrement mélancolique.

Une ménagerie

Sur le moment, le défilé de Kuneba le chanteur révolté gui sent des pieds, de Tabernacle le pédé que tyrannise son julot criseux, de Cul et Chemise les sempiternels frères ennemis à la Laurel et Hardy, de la veuve Schütz appelant la police dès qu’un locataire se mouche trop bruyamment, de Clarisse l’intempestive et de ses deux petits lions, d’Arthur le fol ou de José le violoncelliste aux élégances discrètes, ne laisse de nous faire sourire sans discontinuer, et parfois éclater du rirele plus sonore.

Nous sommes, avec Léon le narrateur, comme en visite au jardin zoologique de la vie, loin des parents indifférents et des cafards du monde environnant qui ne s’affirment qu’en traquant le désordre et la moindre saleté.

A cet égard, l’on pourrait reprocher à Gemma Salem de caricaturer la mornitude helvétique à un point qui frise certain nouveau conformisme; mais l’effet comique est tel, dans sa foulée, que la réserve porte à faux.

Jardin secret

De la même façon, si l’auteur ne fait pas toujours dans la dentelle, stylistiquement parlant, le rythme et le tonusde sa phrase, et son sens de la construction romanesque et son art du dialogueparviennent à dissiper nos réticences.

Enfin, le sentiment qui se dégage du livre incline à la pacification, en dépit de ses pointes féroces. Sans rien d’amer ni d’insidieux, c’est un regard amical et un lieu préservé. Ce qu’il y a de beau à Bétulia, c’est que Léon y a découvert la vie en dépit de l’attitude lamentable de son père. Celui-ci, fuyant toute rencontre, n’en aura rien vu. Tandis que Léon, fuyant finalement le foyer pour jeunes inadaptés à quoi son paternel le destine, reviendra, plus tard, à son jardin secret…

Gemma Salem. Bétulia. Editions Flammarion, 1987.

À ces deux aperçus de l'oeuvre de Gemma Salem, riche de nombreux autres titres - romans et pièces de théâtre alternés -  je me propose d'ajouter sous peu un développement plus conséquent, digne d'un écrivain de tempérament exceptionnel, dont le dernier livre, de tournure très personnelle, résonnait comme un poignant bilan existentiel. 

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