07/05/2009

De la poubelle Internet

Finkielkraut.jpgA propos d’un mot d’Alain Finkielkraut
Dialogue schizo (4)

Moi l’autre : - Et que penses-tu de ça ?
Moi l’un : - De quoi ?
Moi l’autre : - De ce que prétend Alain Finkielkraut. Qu’Internet serait une poubelle ?
Moi l’un : - Je pense qu’il a raison à 99%. Et que, pour le reste, la poubelle me convient à merveille.
Moi l’autre: - Comme la Winnie de Beckett ?
Moi l’un : - Exactement ce que je me dis à chaque aube où je me connecte : « Encore une journée divine ! »
Moi l’autre : - C’est ta façon virtuelle de te rassurer ?
Moi l’un : - Absolument pas : je ne considère pas du tout Internet comme une réalité virtuelle, ou disons que, sur le 1% de temps compacté que je lui consacre, j’en tire 99% de réalité réelle, que je ne trouverai jamais à la télévision…
Moi l’autre : - Et dans les livres ?
Moi l’un : - Là tu me cherches, mais tu me trouves illico mesures en main : je dirai 100% de présence réelle pour les livres que je lis vraiment, ou pour ce que j’en écris, y compris sur Internet…
Moi l’autre : - Okay, mettons que cela tienne debout en ce qui te concerne, mais Alain Finkielkraut affirme quelque chose qui relève du jugement de valeur général…
Moi l’un : - Ne fais pas la bête : tu te doutes bien que le philosophe ne vise aucunement l’outil Internet ni son utilisation constructive, mais son contenu réel global où la masse de déchets en croissance exponentielle appelle en effet la comparaison avec la poubelle.
Moi l’autre : - N’est-ce pas à un catastrophisme élitaire que tu cèdes ?
Moi l’un : - Pour le catastrophisme, sûrement pas. Il nous reste 1% où travailler et nous épanouir : c’est à peu près la dimension du jardin perso de chacun. Quant au caractère élitaire du travail au jardin : c’est l’évidence même.
Moi l’autre : - Et ça ne te gêne pas quelque part d’être élitaire ?
Moi l’un : - Certainement pas. Mais pour en revenir à notre statistique, ceci encore : que le 99% des déchets d’Internet correspond probablement, en termes d’objets bons à jeter, aux chiffres de l’industrie audiovisuelle, télévision publique comprise, des productions de l’écrit et de la société de consommation dans son ensemble.
 Finkielkraut4.jpgMoi l’autre: On serait donc confinés, selon toi, dans ton minable 1 % ?
Moi l’un : - Minable en quoi ? Ah mais justement, mon jardin de curé m’appelle ! Et là, cher Candide, y a rien à jeter…

Commentaires

Bon, en même temps, Jean-Louis, quand on lit certains propos tenus par Finkielkraut, on se dit qu'une bonne partie est à jeter à la poubelle... (Finkielkraut, c'est quand même le type qui parle d'un film qu'il n'a pas vu. Et encore, ça, c'est pas le pire dérapage du bonhomme)

Écrit par : Zorg | 07/05/2009

Je suis mauvais juge, car je n'ai lu qu'1 % de ce qu'il a écrit, et c'est vrai que le Finkielcroate n'a pas trop de leçons à donner à la poubelle... Mais vous qui êtes au courant, quel a été son pire dérapage ? Cela m'intéresse...

Écrit par : JLK | 08/05/2009

"Mais pour en revenir à notre statistique, ceci encore : que le 99% des déchets d’Internet correspond probablement, en termes d’objets bons à jeter, aux chiffres de l’industrie audiovisuelle, télévision publique comprise, des productions de l’écrit et de la société de consommation dans son ensemble."

Voilà ce que le soi-disant philosophe ne dira jamais. Et comme il participe lui-même à la production de l'industrie audiovisuelle et de l'écrit, pas même la peine de suggérer où le placer, parmi les 1% ou les 99%...

Écrit par : Johann | 08/05/2009

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