28/01/2009

Purs et doux

En mémoire de Thierry Vernet et de Floristella Stephani. Hommages à Genève.

VERNET01.JPG

De janvier à juin 2009, les œuvres des peintres Thierry Vernet (1927-1993) et Floristella Stephani (1930-2007) seront exposées en divers lieux genevois. A l’initiative d’Ilona Stephani et de quelques amis, ce substantiel hommage rend justice à la mémoire de deux créateurs plutôt méconnus de leur vivant, hors de quelques cercles romands et parisiens. Cette généreuse initiative déclinera quatre verbes liés à leur double démarche existentielle et artistique :


PEINDRE : Tous deux avaient l’intime conviction d’être « nés peintres ». A l’écart des modes, dans leur petit logement de Belleville, à Paris, ils ont exploré toutes les ressources de leur art: dessin, gravure, aquarelle, huile, décors de théâtre ou de marionnettes.

VOIR : Floristella Stephani et Thierry Vernet, ouverts au monde à l’enseigne de la même soif spirituelle, vivaient cette relation par le truchement d’un même regard poreux et englobant, libre, essentiel et incarné, aboutissant à une expression communicable. Leurs œuvres participent de deux visions originales et bien distinctes, que relie cependant un même sentiment poétique.

VIVRE : Il leur a fallu composer avec les difficultés quotidiennes d’une vie entièrement dévolue à l’art, sans cesser des rester ouverts au monde, aux autres, aux livres et au voyage. Leurs travaux alimentaires (décors pour Thierry, restauration de toiles anciennes pour Floristella) a nourri leurs œuvres respectives.

S’EXILER : Le déplacement leur a paru correspondre à la recherche de soi et d’un lieu ouvert à la création. Issus tous deux de bonnes familles genevoises, ils se sont installés à Paris en 1958. L’hommage entend répondre à la question du départ et de la recherche d’un lieu favorable à la création.

AU PROGRAMME :

vernet170001.JPGPINACOTHÈQUE DES EAUX-VIVES. Du mercredi 14 janvier au dimanche 15 février 2OO9

www.pinacotheque.ch - 7, rue Montchoisy - 1207 Genève - Arcade au chemin Neuf Tél. + 41 22 735 66 75
Mercredi et vendredi de 16h à 19h - Jeudi de 16h à 20h - Samedi de 11h à 18h
De l'usage du dessin à «l'Usage du Monde»
En constante observation des êtres et paysages rencontrés, Thierry Vernet s’est toujours senti «en voyage». Le récit de cette
aventure donnera à la fois «L‘Usage du Monde», livre écrit par Nicolas Bouvier et illustré par Thierry Vernet et «Peindre,
écrire, chemin faisant», lettres de Thierry Vernet à sa famille. Belgrade, Kaboul, Tabriz, Téhéran et jusqu’à Colombo, partout
Thierry dessine, s’émerveille, apprend, travaille, prépare des expositions qui contribuent financièrement à les pousser plus
loin. La Pinacothèque offre la possibilité exceptionnelle de voir pour la toute première fois les impressions des dessins à partir
des plaques typographiques originales.
- Nicolas Bouvier «L’Usage du Monde», dessins de Thierry Vernet, Payot 1992
- Thierry Vernet «Peindre, écrire, chemin faisant» L’Age d’Homme, Genève 2006
Vernissage le mercredi 14 janv. à 18h en présence de Mme Eliane Bouvier.
Brunch de clôture à la pinacothèque: dimanche 15 février 2009 dès 11h


Vernet11.JPGLES CINÉMAS SCALA. Dimanche 15 février 2OO9, 19h
www.les-scala.ch - Rue des Eaux Vives, 23 - 1207 Genève - Tél. + 41 22 736 04 22
Le film ”22 Hospital Street”
Après deux années de voyage, au début des années 1950, de Genève au sud de l’Inde, Nicolas Bouvier arrive aux portes d’une
île ensorcelée : Ceylan. Il y rejoint son compagnon de voyage, le peintre Thierry Vernet et sa femme, Floristella. Ceux-ci
retournent au pays et le laissent seul dans la petite ville côtière de Galle. Bouvier y sombrera dans une zone de silence, peuplée
d’insectes et de magie noire, Le récit de cette déréliction sera un livre «surécrit», d’une prose splendide et malicieuse:
«Le Poisson-Scorpion». Un film, réalisé par Christoph Kühn, nous en retrace les prémices et l’histoire.
(Bernard De Backer, La Revue nouvelle, décembre 2006). Séances en présence de M. Christoph Kühn, cinéaste, réalisateur indépendant qui crée son propre bureau de production,«Titanicfilm » et de Mme Eliane Bouvier, compagne de Nicolas Bouvier, elle poursuit son oeuvre en la mettant
généreusement à disposition de jeunes talents ou de nouveaux projets. Consciente de rester l'ultime mémoire de ce quatuor
d'amis, elle nous en conte l'histoire.

Flora05.JPGBIBLIOTHÈQUE DES EAUX-VIVES.Du mercredi 28 janvier au jeudi 3O avril 2OO9
www.ville-ge.ch/bmu - Rue Sillem, 2 - 1207 Genève - Tél. + 41 22 786 93 00
Mardi, jeudi vendredi 15h -19h - mercredi 10h-12h, 14h-18h - samedi 13h30-17h
Peindre pour voir le monde
ou «la raison du tableau est toujours la meilleure» Th.V.
L'exposition, réalisée par Francis Renevey (l'Atelier Nomade), retrace le parcours de Floristella Stephani et Thierry Vernet au gré
de leurs peintures, écrits, notes, rencontres et voyages. Elle propose une réflexion sur le métier de peintre avec ses joies et ses
exigences. Cette exigence vis-à-vis de soi et des autres transparaît dans leurs oeuvres, souvent contemplatives,véhiculant à la fois
la sérénité et l’effroi du monde.
Vernissage le mercredi 28 janvier 2009, dès 18h.

Vernet23.JPGLA COMÉDIE DE GENÈVE. Du 5 au 21 février 2OO9.
www.comedie.ch - Bd des Philosophes, 6 - 1205 Genève - Tél. + 41 22 320 50 01
Du mardi au vendredi 10h30 à 18h30 - Samedi 13 février 15h à 18h - et les soirs de spectacles
Peindre le vrai et le faux
De 1949 à 1990 Thierry Vernet a conçu les décors de théâtre à la Comédie Française, à la Comédie, au Grand Théâtre et à l'Opéra
de Chambre de Genève. De ces décors que reste-t-il, peu, car le spectacle fini, les décors sont brûlés. C'est donc à travers un jeu
de croquis, de maquettes, d'aquarelles ou d'accessoires que nous glanerons les éléments qui nous ont fait rêver. Ils démontrent
l'habileté d'un peintre habitué à se consacrer à la recherche du vrai mais qui se joue ici du trompe-l’oeil et de l'éphémère.
Vernissage le jeudi 5 février 2009 à 18h, spectacle de marionnettes d’Alain et Blaise Recoing à 19h, entrée libre.
Punch et Judy: spectacle de marionnettes
Alain Recoing fut à l'origine du deuxième voyage, en Orient, de Thierry Vernet. Ensemble ils ont participé à un échange de
créations entre marionnettistes indonésiens et parisiens. Cette unique représentation de «Punch et Judy» revisite, avec des
marionnettes à gaines, ce canevas conçu dans la plus pure tradition anglaise. «Tout, ici, est soi-même et autre chose, d'où la
distance marionnettique, ce détachement, ce faire-semblant-de-telle-façon-que-ça-se-voit qui confère à cet art son étonnant
pouvoir poétique.» Th.V Un beau moment permettant de retrouver le castelet créé par Thierry Vernet.

Vernet7.JPGLIBRAIRIE LE VENT DES ROUTES. Du samedi 28 mars au mercredi 22 avril 2OO9
www.vdr.ch - Rue des Bains 50 - 1205 Genève - Tél. + 41 22 800 33 81
Du lundi au vendredi de 9h à 18h30 - samedi 9h à 17h
Le visage des peintres de ce monde
Cette librairie de voyage s’inspire du souffle à la fois littéraire et itinérant de l’écrivain genevois Nicolas Bouvier. Il était naturel
que le café-librairie devienne l’escale de ce voyage artistique autour de l’oeuvre de Thierry Vernet et Floristella Stephani.
Seront exposées des photos prises par leurs amis, Nicolas Bouvier, Jean Mohr ou Jean Bouvier, le peintre.
Vernissage le samedi 28 mars 2009 dès 10h
Mercredi 22 avril dévernissage dès 17h30 en présence de M. François Laut, auteur de «l'oeil qui écrit» biographie
de Nicolas Bouvier et de Mme Eliane Bouvier, suivi d'une séance de signature.

THÉÂTRE À LA BIBLIOTHEQUE DES EAUX-VIVES. Le mardi 31 mars à 2Oh3O
Les Anges du Levant
Textes: Thierry et Floristella Vernet, adaptation: Jérôme Richer
Avec une comédienne et un musicien
Lier lettres de Thierry et journal intime de Floristella, dresser le tableau de deux fameux observateurs du monde, créer des
ponts entre l’Europe et l’Asie, faire un voyage à travers la pensée de deux amoureux de la vie, voilà l’invitation à laquelle vous
êtes conviés. Un voyage qui se fera en musique, entrée libre.

Flora01.JPGMANOIR DE COLOGNY. Du mardi 24 mars au dimanche 5 avril 2OO9
4 place du Manoir 1224 Cologny/Genève
Horaires d'ouverture du lundi au vendredi 15h-19h, samedi et dimanche de 15h à 18h. Visites sur demande 079 337 60 14
La peinture du monde
Exposition de peintures issues de collections privées genevoises.
Thierry Vernet et Floristella Stephani se marient à Ceylan et se fixent à Paris pour vivre leur passion commune: la peinture.
Installés sur les hauteurs de Belleville à Paris depuis 1958, ils explorent les joies uniques et les aléas d’une création avec la
rigueur calviniste de suisses exilés. S’interdisant tout jugement sur l’oeuvre de l’autre, ils s’engagent dans une création parallèle
affrontant ensemble avec patience les difficultés du quotidien. Des amis les encouragent et acquièrent leurs tableaux.
Cette exposition est donc un double hommage: à leurs oeuvres et à ceux qui les ont aimées.
Vernissage 24 mars dès 18h


TEMPLE DE SAINT GERVAIS. Du lundi 6 au samedi 11 avril 2OO9
www.espace-saint-gervais-ch - Rue du Temple et Rue des Terreaux-du-Temple - Tél. + 41 22 345 23 11
Du lundi au vendredi de 8h30 à 11h30
Le chemin de croix de Floristella Stephani
et le via crucis de Franz Liszt
Protestante de naissance, Floristella Stephani a choisi de devenir catholique. Une de ses oeuvres majeures qui explicite ce
parcours spirituel est son «Chemin de Croix». Présenté au temple de Saint-Gervais, il sera accompagné de ses textes lus par
la comédienne Dominique Reymond, nièce de Thierry Vernet, et du Via Crucis de Franz Liszt interprété par: Diego Innocenzi
et direction, Marie-Camille Vaquie, soprano, Cendrine Carmelt, alto, Ives Josevski, ténor, Florent Blaser, basse.
Vernissage le lundi 6 avril dès 19h30, concert à 20h
Concert-lecture lors du vernissage de l’exposition du «Chemin de Croix» de Floristella Stephani.

Vernet10.JPGBIBLIOTHÈQUE DE GENÈVE. Mardi 21 avril 2OO9
http://www.ville-ge.ch/bge/actualites/espace-ami-lullin.htm - La salle de conférence Espace Ami Lullin, au rez-de-chaussée.
Horaire dès 18h15, de 18h30 à 20h, conférences.
La Bibliothèque de Genève accueille en présence de Madame Barbara Roth, conservateur du Département des manuscrits,
les conférences d'Alexandra Loumpet-Galitzine et de François Laut.
L’exil de la création, la création de l’exil
En choisissant librement parmi les oeuvres de l'exposition, Alexandra Loumpet-Galitzine docteur de l’Université de Paris I,
interroge le processus de création comme une mise en exil volontaire du monde et de soi.
L'oeil de l'Autre!
François Laut, auteur de «L'oeil qui écrit», portrait littéraire de Nicolas Bouvier Ed. Payot, 2008, une biographie saluée par
la critique, nourrie de leurs échanges, de l’accès qui lui a été accordé aux archives Bouvier et notamment à sa correspondance
avec le peintre Thierry Vernet.

COLLÈGE & ÉCOLE DE COMMERCE NICOLAS BOUVIER. Du jeudi 19 mars au vendredi 3O avril 2OO9
60, rue de Saint-Jean - 1203 Genève - Tél. +41 22 546 22 00
Du lundi à vendredi de 7h30 à 18h30

ECOLE DE CULTURE GÉNÉRALE HENRY-DUNANT. Du jeudi 7 mai au vendredi 3O juin 2OO9
20, av. Edmond-Vaucher - 1203 Genève - Tél. +41 22 388 59 00
Du lundi à vendredi de 7h30 à 18h30
avec la participation du
COLLEGE POUR ADULTES ALICE-RIVAZ (COPAD)
Un nouvel usage du monde
http://wwwedu.ge.ch/po/bouvier/
Exposition de travaux d’élèves réalisés durant les cours d’arts visuels autour de l'oeuvre de Floristella Stephani et Thierry Vernet.
Deux équipes d’enseignants en arts visuels s’associent dans ce projet pédagogique. Les élèves assisteront aux divers événements
organisés lors de cet hommage aux deux peintres. La découverte de l’univers de ces créateurs et la confrontation avec
leurs oeuvres, leur démarche artistique, leur regard sur le monde, constituera pour chacun des étudiants le point de départ
d’une recherche personnelle, puis d’un travail de réinterprétation et de création en dessin, peinture ou photo.
L’exposition présentera au public un florilège de ces réalisations.
Vernissage à CEC Nicolas Bouvier le jeudi 19 mars 2009 dès 17h, à l'espace d'exposition.
Vernissage à ECG Henry-Dunant le jeudi 7 mai 2009 à 17h, dans le hall principal.

Flora06.JPGCRÉATIONS EN 2O1O
Pièce de théâtre > Sur les textes de Thierry Vernet et Floristella Stephani, un travail de Jérôme Richer, metteur en scène
et comédien.
Publication > Rédigée par Alexandra Loumpet-Galitzine, anthropologue et écrivain, une publication articulée à la fois
autour des thématiques de l’exposition: une saison autour de l’oeuvre de Floristella Stephani et Thierry Vernet et d’extraits
choisis de leurs oeuvres.
Film > Une palette à quatre mains, création d'Hélène Faucherre, réalisatrice à la TSR
Âmes généreuses, Floristella Stephani et Thierry Venet ont transmis leur vision artistique à travers leurs oeuvres et leurs
écrits, mais ils ont aussi laissé des traces dans les coeurs de ceux et celles qui les ont côtoyés.

SOUSCRIPTION 2OO9* 2O1O**
IMPRESSION DES DESSINS DE L'USAGE DU MONDE.
5O tirages typographiques numérotés dont 1O folios sur papier cuve
AFFICHE* > Une saison avec Floristella Stephani et Thierry Vernet
AFFICHE DES PANNEAUX > de Francis Renevey Atelier Nomade
MAGASINE VOYAGER* > les cahiers de l'Atelier Nomade N°5, Un voyage d'artiste, numéro spécial Vernet
DVD** > Une palette à quatre mains du film d'Hélène Faucherre, Réalisatrice à la TSR
PUBLICATION** > D'Alexandra Loumpet-Galitzine, anthropologue et écrivain.
ASSOCIATION «A LA DÉCOUVERTE DE L'OEUVRE DES PEINTRES
FLORISTELLA STEPHANI ET THIERRY VERNET»: 4DOP:FS_TV
Cotisation annuelle ordinaire Frs 30.- / cotisation annuelle de soutien Frs 200.- / dons
Compte postfinance No: 10-712838-7 / Pour les paiements en provenance de l’étranger IBAN CH87 0900 0000 1071 28387

Flora02.JPG
Toutes les informations sur le site www.thierry-vernet.org


Images: grand format: Thierry Vernet, Vufflens-la-Ville; Floristella Stephani, Moustapha.

08:39 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : peinture, littérature

Commentaires

La lecture de "Peindre, écrire, chemin faisant" est nécessaire. Pour les rares screugneugneux dont je fais partie qui trouvent Bouvier surfait et fanfaron, et qui se lassent du culte qu'on lui rend, la lecture de son copain Vernet est un baume au coeur. On découvre dans cet épais pavé des lettres écrites avec un véritables style, une vision du monde complètement libre et une absence complète de prétention. Les épisodes lus dans Bouvier et qui m'avaient parus dissonnants, impossibles, apparaissent soudain chez Vernet dans leur vérité crue, nette, moins romantique mais beaucoup plus romanesque. Et il y a dans ce voyage de deux copains, l'un artiste de l'image, l'autre artiste du mot, une ironie qui m'a beaucoup frappé. Bouvier est revenu avec un livre qui est aujourd'hui un classique de la littérature du voyage, mais que j'estime personnellement très imparfait. Pourtant, le même Bouvier a rapporté de ce voyage des photos superbes, clichés inoubliables et prenants. De son côté Vernet a produit les illustrations du livre avec le talent que l'on sait, mais il faut bien le reconnaître, sans génie non plus. Et le même Vernet est lui revenu de ce voyage avec une oeuvre littéraire bien plus riche, honnête, et profonde. Il me semble donc que l'un et l'autre, peut-être souffrant d'une secrète jalousie ou d'un secret complexe mutuel, se sont trompés de média, mais que la nature les a tout de même ramenés là où leurs talents et leur part de génie pourrait s'exprimer le plus complètement.

Écrit par : david laufer | 28/01/2009

Aïe, malheureux, vous osez ! Vous osez égratigner la Statue, le Monument vénéré de l'Incontournable, que dis-je: le Mythe sempiternel... A la bonne heure, David insolent, contre le Goliath de la conformité ! Ceci dit, je ne crois pas que nos compères se soient trompés de "média", comme vous dites. Thierry Vernet était un écrivain délicieux, mais le peintre n'est pas moins considérable, original, parfois génial. Quant à Bouvier, dont L'usage du monde est à relire dans la perspective critique que vous osez proposer (fantastique de penser à son aveuglement total sur la réalité des pays de l'Est traversés dans les années 5o...), mais Le Poisson-scorpion est un récit à vrai dire plus étonnant et plus vrai - et l'oeuvre compte évidemment. Pourtant ça fait du bien de vous lire alors que tant s'aplaventrissent devant l'Unique - l'ineffable éditeur français qui prétendait que Bouvier était le plus grand écrivain francophone du XXe siècle...

Écrit par : JLK | 29/01/2009

David Laufer est un peu trop dur avec "De l'usage du monde". Ce livre est certes imparfait, mais de par son inégalité. Il y a de très beaux passages, une fin consternante - mais est-ce même une fin ??? - et beaucoup d'imperfections de ci de là. Et ce médecin allemand, perdu en Iran : Ich kann nur lachen...

Écrit par : Géo | 29/01/2009

Ich kann nur lachen... D'où vous vient donc ce sempiternel haïku? Sinon, merci JLK de m'avoir bien compris. Et puis vous avez raison, le poisson-scorpion, c'est de la balle. A mon sens largement supérieur à LUDM, puisqu'on s'exprime comme ca de nos jours. Disons que, de ce voyage fatidique, ils ont ramené des oeuvres inattendues, et je retire ma généralité sur l'erreur du choix de média. Mais franchement, j'ai rarement lu un bouquin qui m'ait autant ému et amusé tout à la fois que "peindre, écrire...". Je l'ai fait lire à tout le monde autour de moi et les réactions ont été les mêmes. Je regrette donc que l'écrivain Vernet soit encore si méconnu.

Écrit par : david laufer | 29/01/2009

Ben, du médecin allemand perdu en Iran...
Vous n'auriez pas bien lu LUDM ?

Écrit par : Géo | 29/01/2009

@Géo: quels sont vos auteurs fétiches? Je ne sais trop pourquoi mais je décèle du Marcel Aymé en vous.

Écrit par : Jérémie | 29/01/2009

La ruralité vouivresque, peut-être ? Je ne sais si votre remarque est ironique mais j'assume bien aimer cet auteur...
Depuis quelques années, j'ai appliqué un conseil de l'un de mes frères : lire en anglais. J'ai fait une matu latin-grec et suis resté très complexé dans ma maîtrise de l'anglais. Le fait de lire systématiquement dans cette langue, après des débuts laborieux (merci Harraps sur CD...) m'a évidemment été très utile et a doublé chez moi le plaisir de la lecture. Je me suis mis à lire des polars en allemand suite à cette expérience, et je me suis aperçu à ma grande surprise que c'était possible (j'étais resté traumatisé par la difficulté des auteurs que l'on lisait au gymnase...). Parallèlement à ces livres, j'ai lu tous les livres de Mia Couto en VO parce que j'étais au Mozambique et que ce type m'était très sympathique. Je me balade toujours avec l'Odyssée mais décidèment, à part le début que je connais par coeur pour frimer, je renâcle passablement devant l'obstacle. Mais je me suis racheté un Bailly, le vieux ayant disparu dans mes divers déménagements...
Bref, lire dans une autre langue double le plaisir de la lecture...

Écrit par : Géo | 29/01/2009

Oh absolutely, I couldn't agree more. Point d'ironie dans la remarque, mais c'est donc de ces séjours livresques à l'étranger que vous tenez votre acerbe éloquence. Pour le plaisir (sans doute inavoué) de la plupart des lecteurs de ces blogs.

Écrit par : Jérémie | 29/01/2009

Jérémie@ il y a une chose que j'ai bien apprise : on n'a pas d'amis sur les blogs.

Écrit par : Géo | 29/01/2009

Certes, pas du genre à accepter de temps à autres un compliment, aussi modeste et anonyme soit-il. L'escrime mentale c'est bien, mais avec vous les épées ne restent jamais longtemps dans leurs fourreaux.

Écrit par : Jérémie | 29/01/2009

@Géo, Hors sujet,comme d'hab'le rb, mais avez-vous lu James Ellroy dans le texte? Et comparé avec la traduction? Si oui, qu'est-ce que ça donne? Même chose pour Conrad... Personellement, par comparaison en ce qui concerne Conrad, j'apprécie plus les "nouvelles" traductions de Odette Lammole pour ce dernier. Pourtant, les anciennes n'avaient pas été réalisées par "n'importe qui"... Un auteur, Un traducteur?
Comme pour le cinéma, ou certains comédiens demandèrent après audition certaines doublures vocales. Un acteur intégra même cette voix et cette diction à son jeu.

Écrit par : redbaron | 30/01/2009

Redbaron@ Non, pas lu Ellroy dans le texte, mais c'est sûrement une excellente idée. J'imagine que sa langue doit être assez compliquée pour moi qui n'ai aucune expérience des USA...
Bret Ellis Easton, cela doit aussi secouer comme dans votre triplan ?
Cela dit, n'imaginez même pas que je veux me mettre en concurrence avec les génies de la traduction, ce n'est pas du tout mon propos. Idéalement, il faudrait lire en VO quelques pages, et ensuite voir comment le traducteur s'y est pris. Triple plaisir...
Mais ce que je voulais exprimer, c'est la joie et la plaisir de pénétrer dans une autre culture en lisant la VO, parce que vous commencez à comprendre comment l'esprit de cette autre culture fonctionne différemment, avec les conséquences que cela ne peut qu'avoir sur le comportement...
Plus j'écris cela, plus je me dis que Vincent Rossi devrait s'y mettre. Pour lui et ses pareils, le "multiculturalisme" consiste à penser que tout le monde pense la même chose, que les valeurs sont les mêmes, les femmes égales des hommes, la vie a la même valeur partout etc...
Ce n'est pas le cas, et l'humanité disparaîtra avant que cela n'arrive...

Écrit par : Géo | 30/01/2009

"Mais ce que je voulais exprimer, c'est la joie et la plaisir de pénétrer dans une autre culture en lisant la VO, parce que vous commencez à comprendre comment l'esprit de cette autre culture fonctionne différemment, avec les conséquences que cela ne peut qu'avoir sur le comportement..."
Il manque : "ce que le traducteur ne peut pas faire, son rôle étant de passer d'une culture à l'autre..."

Écrit par : Géo | 30/01/2009

A ceux qui ont lu Ma part d'ombre, qui est l'un de plus beaux livres de James Ellroy, en français dans le texte, je déconseille vivement la lecture de Marcel Aymé en anglais, sauf peut-être Le confort intellectuel, délicieux brocardage de la jobardise et du snobisme culturels. Mais Marcel Aymé en anglais, ce serait un peu comme La Fontaine en allemand: l'eau de la fontaine de notre langue mérite d'être savourée "de source", comme l'anglais de Shakespeare, n'est-ils pas ? A propos de Marcel Aymé, lui aussi est un grand méconnu, notamment pour ses merveilleux romans, comme Maison basse, Le Moulin de la sourdine, Aller Retour, La belle Image. Et les nouvelles: Derrière chez Martin, régal ! Il existe un volume Quarto des oeuvres de Marcel Ayné. Je l'avais offert à Thierry Vernet, qui s'en est régalé autant que d'Alexandre Vialatte, lequel a, pour mémoire, traduit Kafka. Jawohl...

Écrit par : JLK | 30/01/2009

@JLK, Je l'ai lu aussi, (en fait je crois que j'ai lu tout ce qui à été traduit de Ellroy) très bonne analyse autobiographique, mais ou j'ai été soufflé (avec mon DR1) c'est en lisant "Tijuana Blues" qui doit être un de ses derniers!!! Ellroy, prends la place du journaliste de "l'indscret"(?) et raconte sous forme de nouvelles, et là, imperceptiblement il change par petite touche de style d'écriture, allant jusq'à un paroxysme, qui fair douter du traducteur ou que ce livre soit écrit par Ellroy! Une autre, sacarstique et unpoliticaly correct, raconte une chasse au terroriste islamiste à L.A, et c'estun délice!

Écrit par : redbaron | 30/01/2009

les commentaires ont été faits dans l'ordre inverse, d'abord à Géo, puis JLK... Le premier, bien que ne comportant aucun lien, m'a demandé confirmation par mot de passe... Géo, pensez-vous que vous en soyez la raison? (plaisanterie paranoïak)...

Écrit par : redbaron | 30/01/2009

O.K, je l'ai copier/coller ce commentaire, afin de le garder par devers moi. Après un bref retour dans le temps par "précédente", avoir réintroduit une seconde fois le code, j'en ai profité... S'il n'apparait pas, (je viendrais voir) je le ferais passer, de toute façon, Géo. Non que ce soi primordial, mais pour ... la forme

Écrit par : redbaron | 30/01/2009

@Geo, aaah, Bret Easton Ellis, sans jeux de mot, ça décolle, sa secoue, la catastrophe aérienne décrite dans "Glamorama"! Le vide quantique des jeunes "fils de familles" dans "moins que zéro", la parabole loopinguesqe sur les yuppees criminels par le serial-killer de "américan Psycho"...
Triple plaisir, que l'on prend parfois en regardant des films en V.O, qu'on pige le dialogue, ce qui a dû être résumé dans les sous-titre. Parfois, par connaissance de la société générique, parfois aussi, pour revenir aux livres, comme hier soir, ou le traducteur traduit (mais la traduction n'est pas un métier somple, mein liebling par ex..., et on ne peut pas tout connaître) "le grand-père chapelle", ce qui vraisemblablement devait être (Fred) Chappel, c'est ce qu'elle fait, et c'est usant), un écrivain que je conseille, n'importe lequel (il en existe 3 traduits chez "autrement" dont le très drôle "ma famile imaginaire" (one of you for ever)..., et il y en aurait, aussi en angleterre, ou Moorcok à écrit, "Elric le nécromancien" qui renvoie Tolkien "le saigneur des agneaux" à une longue fabulette, piquée à l'or du Rhin..., et tent d'autes choses, et "Mother London", hein? et ce Moorcock a en plus écrit des chansons de rock, pour Hawkwind, dont le bassiste devint le célèbre Lenny du Motorhead, hin! Hiiin! J.G Ballard, pas seulement "Crash", mais "sécheresses" etc., et retour aux U.S, cette nation qui peut s'ennorgueillir d'avoir même eu dernièrement "le plus mauvais président de l'histoire" (et ceux qui dirent ça avouèrent ce qu'ils tenaient à dissimuler), cette société d'inculte parait-il, qui donna Ph.J.Farmer, K.Dick, et Howard t notemment son "Conan le barbare", dont je conseille la LECTURE, sans oublier qu'il était Texan, le même état que le "bobet,lààà" et qu'il écrivit ça etre 1920-1930... Avant de se suicider! J'arrête là la liste. Des incuuuulteeuu! on vous dis, croyez-le!
C'est à cause de ma bibliothèque que j'ai duû gonfler mon tiplan
Bien à vous

Écrit par : redbaron | 31/01/2009

@Geo, aaah, Bret Easton Ellis, sans jeux de mot, ça décolle, sa secoue, la catastrophe aérienne ou plutôt l'attentat en plein vol, l'explosion, (avec tous ces termes, c'est normal qu'il ne soit pas passé!) décrite dans "Glamorama"! Le vide quantique des jeunes "fils de familles" dans "moins que zéro", la parabole loopinguesqe sur les yuppees criminels par le serial-killer de "américan Psycho"...
Triple plaisir, que l'on prend parfois en regardant des films en V.O, qu'on pige le dialogue, ce qui a dû être résumé dans les sous-titre. Parfois, par connaissance de la société générique, parfois aussi, pour revenir aux livres, comme hier soir, ou le traducteur traduit (mais la traduction n'est pas un métier simple, mein liebling par ex....c'est ce qu'elle fait, et c'est usant, et on ne peut pas tout connaître) "le grand-père chapelle", ce qui vraisemblablement devait être (Fred) Chappel, un écrivain que je conseille, n'importe lequel (il en existe 3 traduits chez "autrement" dont le très drôle "ma famile imaginaire" (one of you for ever)..., et il y en aurait, aussi en angleterre, ou Moorcok à écrit, "Elric le nécromancien" qui renvoie Tolkien "le saigneur des agneaux" à une longue fabulette, piquée à l'or du Rhin..., et tant d'autes choses, et "Mother London", hein? et ce Moorcock a en plus écrit des chansons de rock, pour Hawkwind, dont le bassiste devint le célèbre Lenny du Motorhead, hin! Hiiin! J.G Ballard, pas seulement "Crash", mais "sécheresses" etc., et retour aux U.S, cette nation qui peut s'ennorgueillir d'avoir même eu dernièrement "le plus mauvais président de l'histoire" (et ceux qui dirent ça avouèrent ce qu'ils tenaient à dissimuler), cette société d'inculte parait-il, qui donna Ph.J.Farmer, K.Dick, et Howard notemment son "Conan le barbare", dont je conseille la LECTURE, sans oublier qu'il était Texan, le même état que le "bobet,lààà" et qu'il écrivit ça entre 1920-1930... Avant de se suicider!
J'arrête là la liste. Des incuuuulteeuu! on vous dis, croyez-le!C'est à cause de ma bibliothèque que j'ai dû gonfler mon tiplan
Bien à vous
ps: Je réessaie,on verra bien, j'en ai profité pour amener quelques corrections...S'il finit par être affiché trois fois, ce ne sera que justice... Pourquoi? ben... nom d'un triplan!

Écrit par : redbaron | 31/01/2009

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