04/03/2008

La patate de Janicot

 

Le livre qui guérit

On se demande pour commencer à quoi rime un tel ouvrage, dont le principe semble rabaisser la littérature à la fonction la plus utilitaire d’aspirine en cas de migraine ou d’emplâtre sur fond de gangrène. Puis, à supposer qu’on s’y plonge en dépit de sa mise en page à pictogrammes singeant les manuels de vulgarisation les plus bas de gamme, un intérêt croissant se dégage à sa lecture. C’est que Stéphanie Janicot a trouvé un ton, à la fois cordial et léger, qui lui permet de faufiler ses impressions de lecture (car elle a lu, ça c’est sûr) en jouant l’infirmière. Il faut en effet du culot pour conseiller, à la lectrice se trouvant insuffisamment intelligente, de lire L’Idiot de Dostoïevsi, qu’elle raconte dans la foulée, avant de proposer Le bruit et la fureur de Faulkner en cas de rechute…
Que lire si votre mari vous trompe, que vous êtes jaloux, frigide, trop belle ou trop moche ? Raconter Madame Bovary à celui qui n’aime pas lire, ou conseiller Illusions perdues à votre collègue souffrant d’arrivisme, Orlando de Virginia Woolf à celle qui se croit homo sans en être sûre, ou La storia de Morante à une femme élevant seule son enfant, relève finalement d’une thérapie rusée, voire bénéfique. Allez, vous êtes boulimique ? Lisez donc Confessions d’une grosse patate et n’en parlons plus !
Stéphanie Janicot, 100 romans de première urgence pour (presque) tout soigner.
Albin Michel, 226p       

16:26 Publié dans Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Personnellement, je fais des trips magnifiques en regardant des cartes routières. Reste à savoir s'il était dans l'intention de Mme Janicot de publier un plan de rues ou un guide de voyage.

Écrit par : Rabbit | 05/03/2008

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