28/11/2007

L'art de rester soi-même

 

Fabienne Verdier se confie à Charles Juliet.

C’est un sentiment double que j’ai éprouvé, il y a quelque temps, en recevant, avec une dédicace affectueuse, la magnifique ouvrage que représente Entre terre et ciel, rassemblant, en polychromie flamboyante, quatre-vingt peintures récentes de Fabienne Verdier, dont on découvre également son nouveau lieu d’ « ascèse de travail », tenant de le retraite monacale et de la fabrique design, de nombreuses photographies de l’artiste au travail et deux entretiens avec l’écrivain Charles Juliet et l’architecte-vedette Denis Valode – celui-là même qui a agencé son nouvel atelier, pourvu d’une véritable « fosse à peindre ».
La perfection d’un art y est célébrée par la reproduction des œuvres et la mise en scène de l’artiste au fil de deux reportages photographiques, un splendide portrait en mouvement réalisé par Dolorès Marat, et, sous le titre de Rituel du feu et réalisé par Naoya Hatakeyama, une suite d’images documentant la destruction des peintures inabouties de Fabienne Verdier. Or j’étais tout admiration, mais à la fois perplexité, comme lorsque j’avais découvert, dans une galerie lausannoise de haut standing, les prix à cinq zéros des œuvres actuelles de l’artiste. Je me rappelais ma lecture de Passagère du silence, je revoyais la jeune femme perdue au fin fond du Sichuan, dans son école d’art évoquant une sinistre caserne, je me remémorais l’extrême difficulté de son apprentissage tel qu’elle le raconte, et je me souvenais enfin d’une balade dans les vignes du Lavaux où elle m’avait parlé avec tant de malice souriante, de modestie et de sensibilité à «cela simplement qui existe», le regard flottant dans les brumes évanescentes d’un ciel d’automne, genre Chine lémanique… Je repensais à l’élève appliquée de Maître Huang Yuan et je lisais maintenant son éloge, par le grand collectionneur zurichois Hubert Looser, la plaçant au niveau des stars de l’art contemporain, tels Cy Twombly ou Jasper Johns. Fabienne Verdier star de l’art ?
Pour n’importe quel autre artiste contemporain à succès, la formule ne m’aurait pas choqué, mais s’agissant de Fabienne Verdier, un certain malaise m’a tout de même ébranlé. Et qu’en pensait donc Huang Yuan ?
Ce que je crois la réponse, non pas lénifiante mais réaliste, passe justement par Huang Yuan, tant un Maître reste présent dans ce que dit aujourd’hui Fabienne Verdier, dont les propos recueillis par Charles Juilet sur son « art martial », selon son expression, conservent le mélange de vigueur et de fluidité, d’énergie et de fantaisie, de santé et d’allégresse, de pragmatisme et de douce folie qui signale l’enfant demeuré dans l’artiste.
« La peinture, c’est une belle histoire de respiration ! Cela paraît si simple ! mais croyez-moi pour parvenir à « être sans vouloir », cela demande une activité intense. Et d’évoquer l’appel à « être plus » de Teilhard et le « repos du penser et du vouloir » de Jakob Böhme le « génial cordonnier ». Et de lâcher d’un ton plus batailleur : « J’ai du mal avec la peinture imitative, je cherche plutôt la magie pure, la force évocatrice de l’esprit. J’ai encore plus de mal avec l’artiste qui transcrit la laideur par la laideur, la bêtise par la bêtise, la beauté par la beauté, la destruction par la destruction, la nausée par la nausée ».
Or Fabienne Verdier ne fait-elle pas elle-même que transcrire la beauté par la beauté ? Justement non : le prétendre ne serait pas voir le dynamisme interne de sa peinture, non seulement la bataille avec la matière (l’entendre parler métier, embus, vernis, montages de pinceaux nous ramène au bord de la « fosse ») mais celle qui continue de la pousser au-delà d’elle-même et réalise au passage, perdue dans la rêverie d’un paysage abstrait, son rêve de petite fille de s’égarer dans le monde. Et le Maître d’ajouter, à cette candeur première, la grand leçon renouvelée de la philosophie et de la poésie – de la musique aussi, de Bach à Pergolèse cités ici,  dans sa modulation proche.
Fabienne Verdier, dans son somptueux ermitage, est-elle si différente de la jeune Fafa rejetée par ses condisciples chinois, alignant ses milliers de bâtonnets d’encre à en devenir gaga ? Evoquant sa difficulté à représenter la « mystérieuse figure du cercle », elle confie ceci à Charles Juliet qui a de quoi nous rassurer : « Un matin, parcourant du regard la retenue d’eau à droite de la porte d’entrée de l’atelier (l’entrée basse sous le noyer) que vois-je ? Un têtard sautant dans l’eau, le clapotis de son plongeon a engendré une onde, un cercle parfait. La beauté de la chose m’a stupéfiée… Par l’éveil à la vie qui se dégageait de la scène. Le sourire au cœur, je me suis mise à broyer mon encre et à entrer en ascèse de peinture pour plusieurs mois sur le sujet ».
Fabienne Verdier Entre terre et ciel. Texte de Charles Juliet. Photographies de Dolorès Marat et Naoya Hatakeyama. Albin Michel.
Charles Juliet.
Entretien avec Fabienne Verdier. Albin Michel, 73p. (ce petit ouvrage constitue l'édition séparée de l'entretien figurant dans Entre terre et ciel)

Fabienne Verdier sera présente ce jeudi 29 novembre à Genève et Lausanne (chez Payot, dès 17h.30)

 

 

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19/11/2007

Proust contre la déchéance

Le premier livre des éditions Noir sur Blanc, en 1987.

Il y a vingt ans paraissait, à Lausanne, un livre à la émouvant et pénétrant, intitulé Proust contre la déchéance et constitué de causeries improvisée entre 1941 et 1942 par l’auteur, le peintre polonais Joseph Czapski, devant ses camarades prisonniers du camp soviétique de Griaziowietz.
Après la déportation de quatre mille officiers polonais dans le camp de Starobielsk, près de Kharkov, depuis octobre 1939 jusqu’au printemps 1940, quatre cents d’entre eux furent déplacés à Griaziowietz, qui survécurent au contraire de leurs autres compagnons de captivité. Czapski lui-même fut l’un des rares rescapés du massacre de Katyn.
Officier sans arme en sa qualité de pacifiste, Czapski explique pourquoi, afin de surmonter leur abattement et leur angoisse, les prisonniers polonais imaginèrent de se donner mutuellement des cours ou des conférences, selon le savoir et les compétences de chacun. Tandis que d’autres parlaient d’histoire, de philosophie ou d’alpinisme, Czapski lui-même fit une série d’exposés sur la peinture française et polonaise, ainsi que sur la littérature française.
« Je vois encore mes camarades entassés sous les portraits de Marx, Engels et Lénine, harassés après un travail dans un froid qui descendait jusqu’à quarante-cinq degrés sous zéro, qui écoutaient nos conférences sur des thèmes tellement éloignés de notre réalité d’alors. Je pensais alors avec émotion à Proust, dans sa chambre surchauffée aux murs de liège, qui serait bien étonné et touché peut-être de savoir que vingt ans après sa mort des prisonniers polonais, après une journée passée dans la neige et le froid, écoutaient avec un intérêt intense l’histoire de la duchesse de Guermantes, la mort de Bergotte et tout ce dont je pouvais me souvenir de ce monde de découvertes psychologiques précieuses et de beauté littéraire ».
C’est en 1924 que, venant à Paris, Joseph Czapski découvrit le premier volume d’A la recherche du temps perdu, mais ce ne fut qu’à la lecture d’Albertine disparue qu’il se plongea dans l’univers proustien avec passion, profitant d’une longue maladie pour lire l’œuvre entière. La maladie de Proust est d’ailleurs très présente dans la présentation qu’il fait de son entrée en littérature, soulignant en outre le séisme qu’a représenté la mort de la mère.
Artiste lui-même, dont la première partie de l’œuvre disparaîtra presque entièrement dans les ruines de la guerre, Joseph Czapski est sensible à la transmutation d’une vie si précaire en œuvre filtrée : « La lente et douloureuse transformation de l’homme passionnel et étroitement égoïste en homme qui se donne absolument à une œuvre qui le dévore, le détruit, vivant de son sang, est un procès qui se pose devant chaque créateur ». Et de comparer alors Proust à Conrad « quittant définitivement la mer pour entreprendre l’immense labeur de son œuvre littéraire ».
Comme une mise en abyme, la remémoration de La Recherche par un prisonnier de guerre gravement atteint dans sa santé, sans livres ni documents à sa disposition, est elle-même une véritable création, et d’autant plus que Czapski n’est ni philosophe (il s’en excuse) ni critique professionnel (il en surclasse plus d’un…), mais lecteur et artiste, qui met en valeur la nouveauté de la phrase et de la forme proustienne tout en le ramenant à la filiation de Saint-Simon et de Balzac, mais à l’opposé du « naturalisme sous la loupe » qu’on a prétendu.
Un lecteur qui n’a jamais lu Proust découvrira, dans ce livre miraculeusement arraché à la déchéance, un chemin tracé vers un auteur qu’on a dit, à tort, réservé aux élites ou entaché de snobisme mondain. Czapski, tout en relevant le fait que le mot « Dieu » n’est jamais écrit dans les milliers de pages de La Recherche, observe ceci que « quand même et peut-être juste à cause de cela, cette apothéose de toutes les joies passagères de la vie nous laisse un goût de cendre « pascalien » dans la bouche. »

Un jour que je m’émerveillais, en présence du Czapski octogénaire, du fait que jamais, à lire ses écrits terribles (à commencer par Terre inhumaine, son récit de voyage à travers le goulag) il ne donnât l’impression d’avoir été tenté par le désespoir, il me répondit que non : que la vie des camps lui avait parut moins désespérante que la souffrance d’un premier chagrin d’amour à vingt ans, pareille à la détresse du Narrateur quand Albertine disparaît...

Joseph Czapski. Proust contre la déchéance. Conférences au camp de Griazowiecz. Editions Noir sur Blanc. Lausanne, 1987.
Nota bene : Les éditions Noir sur Blanc fêtent leur 2o anniversaire samedi 24 novembre à La Librairie, à Morges, en présence de leur directrice, Vera Michalski, et de quelques auteurs. Le catalogue de la maison compte actuellement quatre cents titres, la moitié en français et l’autre en polonais, avec des traductions de Blaise Cendrars, Paul Auster, Charles Bukowski, Nicolas Bouvier et tant d’autres auteurs occidentaux révélés au public polonais. En sens inverse, l’un des derniers livres publiés dans notre langue s’intitule Balthazar et constitue l’autobiographie du grand dramaturge Slawomir Mrozek, auteur « maison » de Noir sur Blanc.  

 

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13/11/2007

Chacun mes prix

  Mon palmarès 2007

Rompant un long silence qui a donné lieu à toutes les supputations et autres rumeurs contradictoires les plus folles, j’ai résolu de livrer enfin, aux médias et autres instances de consécration cantonales et mondiales, les résultats des délibérations au terme desquelles j’ai attribué, aux ouvrages qui ont été soumis à mon jugement notoirement impartial et pertinent, non moins que partial et impertinent, les grands prix parisiens de mon automne littéraire 2007.

Mon Prix Goncourt : à M. François Emmanuel, pour Regarde la vague, au Seuil ; M. Hubert Haddad, pour Palestine, chez Zulma ; M. Philippe Claudel, pour Le Rapport de Brodeck, chez Stock. Non pas ex-aequo, mais : à choix.
Mon Prix Goncourt des lycéens à l’unanimité: à M. Marius Daniel Popescu, pour La symphonie du loup, chez José Corti.
Mon Prix Goncourt étranger à l’unanimité: à M. Mikhaïl Chichkine, pour Le Cheveu de Vénus, chez Fayard.
Mon Prix Renaudot: à Mlle Amélie Nothomb, pour Ni d'Eve ni d'Adam, chez Abin Michel; Mme Alina Reyes, pour Forêt profonde, au Rocher; M. Olivier Adam, pour A l’abri de rien. A L’Olivier.
Mon Prix Médicis : à M. Marius Daniel Popescu, pour La symphonie du loup, chez Corti ; M. Alain Dugrand, pour Insurgés, chez Fayard ; M. Vassilis Alexakis, pour Av. J.-C, chez Stock.
Mon Prix Médicis étranger : à M. Mikhaïl Chichkine, pour Le cheveu de Vénus, chez Fayard; M. Philip Roth, pour Un homme, chez Gallimard ; M. W.G. Sebald, pour D’après nature, chez Actes Sud.
Mon Prix Médicis de l’essai : à M. Jean Hatzfeld, pour La stratégie des antilopes, au Seuil ; M. Georges Nivat, pour Vivre en Russe, à L’Age d’Homme ; M. François Bon, pour Bob Dylan, chez Fayard.
Mon Prix Femina : à Mme Marie Darrieussecq, pour Tom est mort, chez P.O.L.; Mme Linda Lê, pour In memoriam, chez Bourgois; Mme Michèle Lesbre, pour Le canapé rouge, chez Sabine Weispieser.
Mon Prix Femina étranger : à M. Mikhaïl Chichkine, pour Le cheveu de Vénus, chez Fayard ; M. Philip Roth, pour Un homme, chez Gallimard : M. W.G. Sebald, pour Vertiges, chez Actes Sud.
Mon Prix Femina de l’essai : à MM. René Girard et Benoît Chantre, pour Achever Clausewitz, chez CarnetsNord ; M. Pietro Citati, pour La mort du papillon, chez Gallimard ; M. Gilles Lapouge, pour L’encre du voyageur, chez Albin Michel.
Mon Prix Décembre à l’unanimité : M.Philippe Sollers, pour Un vrai roman, chez Plon.

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12/11/2007

En quête de l'Or du Temps

 

Sur La Nuit du Destin d’Asa Lanova, ou le mimétisme incarné.

C’est un livre assez fascinant que le nouveau roman de la romancière lausannoise Asa Lanova, peut-être son livre le plus abouti à ce jour, après La Gazelle tartare, plus autobiographique mais déjà si remarquable, sans compter les sept romans précédents. Une fois de plus, la romancière revient en la ville d’Alexandrie, « cette cité où le bonheur est si proche du malheur », y déléguant cependant un double romanesque en la personne de la jeune Anne, arabisante fort attirée par l’islam et le mélange de sensualité entêtante et de mysticisme du lieu. Lorsqu’elle y revient, le souvenir d’un certain Ismaël se mêle aussitôt à ses errances et à sa rêverie, qu’elle a rencontré en leur prime jeunesse aux abords de l’université où elle prenait des cours d’arabe, et dont elle a vite pressenti que rien ne se passerait entre aux que d’affectif et de spirituel. Ce garçon lettré et de bonne famille mais rejeté par son père viveur, très attiré par la culture française, ne tarde à lui confier son secret: une passion intense pour une Laylah plus âgée que lui et qui interrompt brusquement leur liaison au moment où elle culmine, le poussant à adhérer bientôt, pour sublimer frustration et désespoir, à la société secrète des Aigles d’Osiris dont la quête d’absolu passe par la domination de soi et le dépassement de tout désir. Par la suite, la rencontre d’une Violanta non moins vertigineusement attirante, à la fois artiste et portée vers une sorte d’érotisme sacré, l’incite à rompre son serment, alors que Laylah elle-même a été assassinée en Inde où elle avait fui. Au cours de ce roman romanesque qui fleure bon les lectures de nos jeunes années par son goût du secret et ses saveurs fraîches, entre Secret de la porte de fer et Mille et une nuits, apparaissent trois autres femmes plus ou moins sacrifiées et également attachantes : Magda la mère d’Ismaël, rejetée par son macho lubrique après la naissance de leur fils ; la jeune Negma, cousine d’Ismaël à qui le père de celui-ci l’a mariée et qui n’a pu distraire son jeune époux de son idéal spirituel, enfin la vieille Rhoda, elle aussi soumise à Soleïman avant de devenir le chaperon de son fils et son initiatrice spirituelle. On se rappelle à tout moment, en lisant La Nuit du Destin, le mémorable Mensonge romantique et vérité romanesque qui a inauguré la réflexion magistrale de René Girard sur le mimétisme en littérature, avant son extension à l’anthropologie dont Achever Clausewitz, tout récemment paru, module les observations sur la guerre totale et ses improbables issues. Les « triangles » du mimétisme amoureux ou religieux sont en effet omniprésents dans ce roman de l’amour-passion dont tous les protagonistes, à commencer par la narratrice, sont liés entre eux par des relations de « jalousie », au sens profond, de frutration et de sublimation ou de sacrifice expiatoire. Entre Anne qui brûle d’être aimée d’Ismaël et s’efforce de sublimer son attirance secrète en menant l’enquête et ses révélations, Ismaël qui étudie la passion fatale en littérature et s’efforce lui aussi de dépasser sa dualité mystico-charnelle dans le sacrifice ascétique, Negma l’épouse délaissée et fidèle par delà la mort, Rhoda la servante humiliée et requalifiée par ses pouvoirs secrets, enfin Violanta qui incarne une sorte d’éternel féminin renaissant du sacrifice de sa propre mère, c’est un véritable tourbillon de liaisons mimétiques, doublées par force signes et symboles initiatiques, qui traverse ce roman à la poésie lancinante, où les récurrences citées en exergue du Diwan du Fou de Laylah alternent avec les réminiscences mélancoliques de Constantin Cavafy. Les évocations magnifiques d’Alexandrie ou des journées de Ramadan (dont la 27e est cette Nuit du Destin propice aux révélations), le romantisme arabisant qui en enveloppe les pages de ses charmes captieux, parfois à la limite du kitsch mais échappant à celui-ci par l’innocence presque « enfantine » de la conteuse (petite fille et sorcière comme tous ses personnages féminins), la beauté et la musicalité proustienne de la phrase d’Asa Lanova font de cette Nuit du Destin un livre finalement à la hauteur de l’épitaphe gravée sur la tombe d’Ismaël : « J’ai cherché l’Or du Temps ».

LANOVA Asa. La Nuit du Destin. Campiche, 208p.

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10/11/2007

Vive la Maison de l’écriture


 Le grand projet de Vera Michalski
Vera Michalski voit grand. Les mesquins et autres médiocres qui « freinent à la montée » diront qu’elle en a « les moyens » en tant qu’héritière d’une fortune colossale, mais voilà : tous les riches ne sont pas généreux,  à tous les sens du terme. Or depuis plus de vingt ans, Vera Michalski n’a cessé, avec son mari jan Michalski trop tôt disparu (en août 2003), de travailler à une œuvre dont le profit n’est pas la finalité première, basée sur le désir initial de défendre et d’illustrer la littérature polonaise survivant sous la chape communiste (d’où la fondation des éditions Noir sur Blanc), ensuite sur une exploration élargie des littératures de la ci-devant Autre Europe, pour s’étendre aujourd’hui à des échanges internationaux entre la Suisse, Paris et Varsovie, à l’enseigne du petit empire éditorial que constitue le groupe Libella (Noir sur Blanc, Buchet-Chastel, Phébus, notamment).
Or voici que, pour honorer la mémoire de son conjoint de façon non moins constructive, Vera Michalski a décidé de créer, sur la base d’une Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature, une Maison de l’écriture dont l’architecte Vincent Mangeat a présenté l’impressionnante maquette. A Montricher, sur les hauts de la Côté lémanique, au pied boisé du Jura, face au lac et aux Alpes, la Maison de l’écriture intégrera deux bâtiments existants (l’ancienne colonie de vacances d’En Bois désert, de fameuse mémoire pour beaucoup d’enfants vaudois, et sa chapelle attenante), autour desquels essaimera tout un système de « cabanes » suspendues et virtuellement extensible.
Dans un premier temps, c’est par la création d’un prix littéraire d’envergure internationale que la Fondation Jan Michalski va se manifester, qui sera décerné en octobre 2008 pour la première fois. Les modalités, le jury (tournant) et la dotation de ce prix seront précisés en janvier prochain. Par ailleurs, une série de bourses d’aide à la création littéraire sera lancée l’an prochain à la même enseigne. Quant à la Maison de l’écriture, élément central de ce formidable projet, ce n’est qu’au tournant de 2009-2010 qu’elle ouvrira ses portes. A noter, selon l'expression de Vincent Mangeat et conformément aux vœux de Vera Michalski, que cette Maison de l’écriture  n’aura rien du cloître pour gens de lettres, comme le sont certaines résidences d’écrivains, mais devrait constituer, une façon de cité:  un lieu d’échanges autant qu’une retraite  propice à la création. Deux bibliothèques (dont une publique), un auditorium et une salle d’exposition compléteront la structure d’accueil envisagée pour cinq résidents simultanés et un couple.
Interrogée sur l’insertion de cette Maison de l’écriture dans le tissu culturel de Suisse romande, Vera Michalski insiste sur son parti d’indépendance sans exclure des collaborations avec les institutions diverses de nos régions. Projet ambitieux et possiblement rayonnant, dont on suivra le développement avec toute l’attention requise…              

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09/11/2007

Freud et Dieu causent grave

 A voir et à lire: Le visiteur d'Eric-Emmanuel Schmitt

Mais qu’est-ce que ce truc ringard ? Voilà ce qu’on pourrait se demander d’abord en découvrant le  décor brunâtre représentant un intérieur viennois fleurant le vieux rat savantasse, où apparaissent d’abord un octogénaire chenu et sa fille quadra plus vraiment bimbo... Ensuite le thème, mes aïeux : Sigmund Freud qui reçoit en 1938, la visite d’un drôle de type, qui est peut-être un dingue échappé de l’asile ou Dieu déguisé en dandy magicien, avec lequel il va « causer grave » pendant qu’Anna, sa fille, se fait interroger par les brutes de la Gestapo ! Autant dire : la totale.
Et c’est exactement ça, près de quinze ans après la création du Visiteur, qui a glané 3 Molière dans la foulée et fut représenté dans le monde entier, alors que le texte a été vendu à plus de 40.000 exemplaires : la totale réussite d’une pièce grave et belle, qui n’a pas pris une ride alors qu’elle relève d’un genre remontant à l’époque de Sartre et Camus, servie par des interprètes également remarquables, à commencer par Benoît Verehaert dans le rôle adorablement méphistophélique de Dieu, face auquel Alexandre von Sivers campe un Freud en héros de la Raison poignant d’humanité.
L’enjeu de la pièce est multiple du point de ses thèmes. Il en va de la position de Freud, à une année de sa mort (que son visiteur lui annonce charitablement…), par rapport à la religion, qu’il développera une dernière fois dans Moïse et le monothéisme ; de la position, aussi, du célèbre savant juif qui aimerait rester à Vienne par solidarité pour les siens, mais que sa fille presse de choisir l’exil ; surtout, la question majeure est le silence de Dieu face à la prochaine extermination des Juifs (qu’il est censé connaître) et la question non oins essentielle de la liberté de l’homme.
Eric-Emmanuel Schmitt, tout en laissant le débat largement ouvert, donne le dernier mot au visiteur, qui invoque le « mystère » fondamental de « sa » création. Dans un langage clair et simple, l’auteur invite à la réflexion le spectateur ou le lecteur, toutes confessions (agnostiques et athées compris cela va sans dire) et générations confondues.  
Gildas Bourdet signe la mise en scène de cette version qui accentue magnifiquement le dessin de chaque personnage, pour mieux détailler et éclairer le grand débat qui s’y joue.

Le visiteur d’Eric Emmanuel Schmitt
Lausanne. Espace culturel des Terreaux, dernière le 11 novembre à 17h.
Eric-Emmanuel Schmitt. Le visiteur. Editions Albin Michel, 1993.

P.S.: un nouveau livre d'Eric-Emmanuel Schmitt vient de paraître , intitulé La rêveuse d'Ostende et regrouant 5 nouvelles, aux éditions Albin Michel. 

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06/11/2007

Sollers est un roman


   

En lisant Un vrai roman, mémoires.

Sollers est-il une vieille pute médiatique ou un grand écrivain ? A cette alternative d’époque je me propose d’échapper ce matin en écoutant celui qui me raconte Un vrai roman.
Le premier chapitre intitulé Naissances avère aussitôt le titre et par la matière de la vie de Sollers et plus encore par sa façon de la chanter, qui relève de la légende dorée d’un cycle spécial MoiJe. Mais attention : le MoiJe de Sollers est particulier, non point renfrogné sur son genou comme Narcisse s’adonnant à la délectation morose, mais très gai dès notre entrée dans ce livre qui est un jardin à la française cultivé de grand-père en petite fille à jolis souliers.
Le chapitre Naissances parle de l’importante question du nom choisi pour écrire (celui de Joyaux est trop beau pour être porté, après avoir été moqué à l’école et vitupéré par les grévistes girondins scandant Joyaux au poteau !),  des maladies récurrentes et pénibles mais favorable à la rêverie solitaire, de la famille platoniquement incestueuse (deux frères épousant deux sœurs et vivant dans une double maison la destinée commune d’une industrie ruinée en 60) et de l’époque (un officier autrichien intrus sous l’Occupation se poivrant au cognac et l’obligation faite à l’enfant par sa famille de refuser l’ordre de chanter Maréchal nous voilà !) dont les souvenirs de la radio et de nombreuses photos aideront l’écrivain à réinventer.
J’ai bien dit : l’écrivain, et qui ne foutra rien de toute sa vie que lire et qu’écrire.
Au troisième chapitre, après Femmes (l’amour de la tante et de la mère, caressantes à souhait même dans la calotte), ce chapitre intitulé Fou, on lit ainsi : « En réalité, je m’en rends copte aujourd’hui : je n’ai jamais travaillé. Ecrire, lire et puis encore écrire et lire ce qu’on veut, s’occuper de pensée, de poésie, de littérature, avec péripéties sociopolitiques, n’est pas « travailler ». C’est même le contraire, d’où la liberté. Il faut sans doute, dans cette expérience, garder une immense confiance. Mais en quoi ? »
L’écriture de Sollers est une vitesse. C’est un savon et une électricité. C’est mon hygiène corporelle et spirituelle de  ce matin, à jet continu de bonnes phrases. Par exemple : « la maladie récurrente affine les perceptions, les angles d’espace, le grain invisible du temps. Les hallucinations vous préparent à la vie  intérieure des fleurs et des arbres. On apprend à trouver son chemin tout seul, à l’écart des sentiers battus, des clichées rebattus, des pseudo-devoirs. » Ou cela : « Enfance très auditive, donc, avec otites à la clé. On m’opère de temps en temps, et, en plus, j’étouffe. Tout est chaotique, soufrant, contradictoire, et, en un sens profond, merveilleux ».
Une vieille courtisane écrirait-elle comme ça ? Cela arrive mais c’est rare. Quant au grand écrivain, qui d’autre que Sollers pourrait dire crânement qu’il l’est ou le sera, un peu comme Stendhal, dans un siècle et des poussières peut-être ? Mais lira-t-on encore dans un demi-siècle ?
Ce qui est sûr est qu’au présent Un vrai roman est un livre épatant. Le Sollers le plus pur est là : beau comme un paon faisant la roue, pour la façade en tout cas, car ce Je récusant toute culpabilité est un autre aussi modulant tout le reste en douce et qui passe, et c’est énorme tout ce qui passe et se transfuse dans un livre aussi gonflé, mais au bon sens, un livre qui ne manque pas d’air, et ça fait un bien fou quand tant de raseurs nous asphyxient des relents de leur contention - un livre plus délicat et généreux qu’on ne croirait tant on est abusé par le personnage composé sur les estrades…
Je n’ai pas dit le principal du chapitre Fou, qui trace la première échappée décisive du cœur de SoiSeul vers le monde entier et les galaxies, Pékin Madras et compagnie. Cela se passe en deux temps, qui l’investissent et l’abolissent en même temps, j’entends : le temps.
La première est à 5 ans à la campagne : « Je suis assis sur un tapis rouge sombre, ma mère est à coté de moi et me demande, une fois de plus, de déchiffrer et d’articuler une ligne de livre pour enfants. Le b.a ba, quoi. Il y a des lettres, des consonnes, des voyelles, la bouche, la respiration, la langue, les dents, la voix. Comment ça s’enchaîne, voilà le problème. Et puis ça se produit, c’est le déclic, ça s’ouvre, ça se déroule, je passe comme si je traversais un fleuve à pied sec. Me voici de l’autre côté du mur du son, sur la rive opposée, à l’air libre. J’entends ma mère dire ces mots magiques : « Eh bien, tu sais lire ». Là, je me lève, je cours, ou plutôt je vole, je vole dans l’escalier, je sors, je cours comme un fou dans le grand pré aux chevaux et aux vaches, j’entre dans la forêt en contrebas, en n’arrêtant pas de me répéter « je sais lire, je sais lire2, ivresse totale, partagée, il me semble, par les vignes, les pins, les chênes, les oiseaux furtifs2
Je sais lire. Autrement dit : Sésame ouvre-toi. Et la caverne aux trésors s’ouvre. Je viens de m’emparer de l’arme absolue. Toutes les autres sont illusoires, mortelles, grotesques, limitées, ridicules. L’espace se dispose, le temps m’appartient, je suis Dieu lui-même, je suis qui je suis et qui je serai, naissance, oui, seconde, ou plutôt vraie naissance, seul au monde avec cette clé. Ca pourra se perfectionner à l’usage, mais c’est fait, c’est réalisé, c’est bouclé ».
La seconde est une diagonale de fou de 7 ans intéressant : « L’expression « âge de raison » m’intrigue. Il a neigé, le rebord d’une balustrade est fourré de blanc et de gel. J’enlève ma montre, je la pose devant moi, et j’attends que l’âge de raison se manifeste. Evidemment, rien de spécial, ou plutôt si : la trotteuse prend tout à coup une dimension gigantesque et éblouissante en tournant dans le givre brillant au soleil. Les secondes 0enfinissent pas de sonner silencieusement comme les battements de mon cœur : la raison est le temps lui-même. C’est un grand secret entre lui et moi, inutile den parler, je suis fou, c’est mon âge. Je n’ai jamais compris, par la suite, ce qu’on voulait me dire en parlant de mon âge ».
Or c’est exactement ce que je ressens en constatant tout à coup que la nuit est tombée sur le jardin de SoiSeul : j’ai 7 ans et 700 ans et c’est Un vrai roman
Philippe Sollers. Un vrai roman, mémoires. Plon, 352p.  

 

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03/11/2007

Les secrets de Palestine

 

C’est un livre secret que Palestine de Hubert Haddad, un livre prenant et mystérieux, un livre qu’il incombe au lecteur d’ouvrir, au sens fort. Palestine n’est pas un livre fermé ni même hermétique : c’est une rose serrée dans sa concentration songeuse comme un poème de Rilke, ou une fleur de papier comme celle de Proust qu’il suffit d’immerger pour qu’elle s’ouvre ; et de même Palestine s’ouvre-t-il à qui s’immerge dans ses pages.
Cham est une « bleusaille », un tout jeune homme dont on ne saura pas grand-chose si ce n’est qu’il a quelque part un frère peintre malade de solitude. Les hasards de sa naissance et des frontières humaines font que Cham, qu’on pressent de souche arabe, porte l’uniforme de l’armée israélienne et qu’il a ses amis à Jérusalem. Lorsque, s’apprêtant à partir en permission, il est retenu par l’adjudant Tzvi pour une dernière ronde, il ne se doute pas que celle-ci va le confronter à une réalité qu’il n’aspire qu’à fuir pour vivre comme un jeune homme et qui porte un nom : Palestine, où d’emblée on le sait et le sent : « la mort rôde ».
Le destin fond sur Cham comme un rapace, s’engouffre pour ainsi dire dans la vie de Cham par le trou minuscule au front de l’adjudant Tzvi, tandis qu’un commando surgit de la nuit, qu’il tire et se fait blesser et traverser par « la douleur à tête d’aspic ».
La lecture de Palestine doit se faire à une lenteur inversement proportionnelle à sa vitesse, comme celle d’un poème de Rilke ou d’une page de Proust. A trois pages du début Cham est déjà pris au piège dans une espèce de cave, au coté de l’assaillant qu’il a blessé et sur le cadavre duquel il s’endort. Qui était cet homme crevé ? On croit comprendre que le commando craint le Hamas autant que le Fatah et que Tsahal, autant dire que c’est à n’y rien comprendre, mais ce n’est qu’un début, après quoi le commando, sans avoir le temps de liquider Cham, se fait liquider, Cham perdant connaissance pour se retrouver nu dans un lit propre, veillé par une Palestinienne aveugle et un toubib, bientôt relayé par une jeune femme du nom de Falastin, la fille de la vieille aveugle, qui vient de se faire caillasser sur un chemin. Tandis que sa mère la soigne, Falastin se rappelle la mort de son père, dirigeant d’un front démocratique, dans un attentat auquel elle a miraculeusement échappé, éclaboussée cependant par le sang de celui qu’elle aimait autant que son frère Nessim, partisan d’une Palestine binationale… Nessim auquel ce type nu ressemble si étrangement. Nessim qui servira de « couverture » à Cham qu’il s’agira de planquer après l’avoir soigné.
Le mystère de Palestine tient aussi à cela que ce livre lutte contre les évidences, selon l’expression chère à Chestov : cela signifiant que nulle explication n’en épuise le multiple sens.
Fuyant par les collines en direction d’Hébron, Cham-Nessim et Falastin se retrouvent dans ce piège à ciel ouvert qu’est la Palestine quadrillée de murs et de check-points, qui inspire Falastin des réflexions incisives (p.45) sur l’arbitraire et l’illégalité établie. Mais au discours politique, Falastin préfère, comme l’auteur, celui du conte et de la fable, telle celle du nabi et de l’oiseau (p.56). Et là aussi réside le mystère de ce rêve éveillé hyperréaliste et poétique à la fois : dans cette contiguïté de la tragédie et de la poésie, du coup de feu et des lavis aquarellés de terre sainte…
Retour au drame dans une planque ménagée par un vieux photographe qui a bien connu le père de Nessim, où Cham fait la connaissance d’Omar, islamiste impatient de se faire exposer dans une foule « sioniste ». Or Cham ne pense qu’à Falastin. A laquelle on revient pour faire la connaissance de Layla, tante de celle-là, prof de haut vol intellectuelle dont le mari, lui aussi résistant à la montée aux extrêmes de la violence, croupit pour lors en prison. Le lendemain matin, alors que le gardien de la maison de Layla est arrêté, Falastin l’est aussi après avoir pris sa défense, mais le major Mazeltof ne tardera à la libérer non sans lui avouer qu’il a envie de rendre les armes tant la guerre le dégoûte. Et l’auteur de préciser à propos de Falastin : « D’avoir touché un jour aux secrets, avec sur les lèvres un goût de cervelle humaine, l’avait rendue inapte à tout jugement »…
A la contiguïté de l’horreur et de la beauté (l’écriture de Hubert Haddad réussissant aussi bien le mélange de l’évocation sensible ou sensuelle et du récit aux saillantes aspérités) s’ajoute la frise nuancée des personnages traînant avec eux leur bazar de mémoire, comme le photographe Manastir dans sa boutique, soudain saccagée par un commando israélien, ou le petit infirme Moha qui aide Nessim-Cham à retrouver sa route.
Réunis et planqués dans la même pièce, Falastin et Nessim passent ensemble une nuit à parler et se rapprocher encore, sur un seul lit, sans que rien ne soit dit de ce qui s’y passe, étant entendu que dire qu’il ne s’y passe « rien » ne signifie rien en l’occurrence tant il passe entre eux de sentiments – et toute cette vie qui les unit et les sépare, notamment leur vision de l’avenir de la Palestine, pleine d’espoir confiant chez elle, plutôt désespérée à ses yeux à lui…
La fin du livre semble donner raison à Cham-Nessim, qui ne cesse de fuir en pensée mais que Falastin ramène bientôt au cœur du drame collectif vécu par la Palestine, devant la maison rasée de sa mère, survivant cependant sous les décombres, mais que la nuit achèvera. Chaos de tout cela. Falastin ayant disparu avec sa mère emportée en ambulance, fuyant en camionnette au côté d’un sioniste effréné, Nessim-Cham va redevenir Cham lorsque, envoyé par Omar chez un activiste palestinien spécialisé, au milieu des ses machines à coudre Singer, dans l’appareillage des kamikazes, l’homme lui remettra un nouveau passeport… à son nom même. La boucle refermée, qu’adviendra-il du protagoniste censé se faire sauter au milieu d’un chœur de mômes israéliens ? Là encore, « rien » n’est dit du dernier geste de Cham, quand bien même le geste serait accompli.
Nulle ambiguïté pour autant dans la conclusion de Palestine, dont le mystère réfracte la complexité d’un imbroglio historico-politique autant qu’il traduit la complexité humaine et le secret des êtres. A cet égard, Hubert Haddad, en romancier, participe du même effort de compréhension et de pacification qui marque les œuvres de Mahmoud Darwich ou de David Grossman et Amos Oz, entre autres hommes de bonne volonté…
Hubert Haddad, Palestine. Zulma, 155p.

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