15/09/2007

Un exorcisme amoureux


 

 

 

Le propre de la passion érotique tient à un lien de ronces, selon l’expression de Jouhandeau, qui blesse les amants en même temps qu’ils se surexcitent mutuellement, jusqu’à la destruction de l’un ou de l’autre.
C’est ce processus à la fois délétère et obsessionnel que détaille Thierry Séchan dans cette longue nouvelle où l’on voit le narrateur, incapable d’échapper à la très belle et très voluptueuse, très égoïste, très perverse et très méchante Anne Vitas, sombrer dans l’alcool et la désespérance avant que des amis ne lui présentent une charmante Nathalie, de vingt ans sa cadette et qui l’aime aussi vite qu’il tombe amoureux d’elle. Mais comment se débarrasser de la très mauvaise Vitas qui n’en finit pas de squatter l’imagination du narrateur ?
Il faudra l’intermédiaire d’un objet d’art hautement symbolique, mais ne disons pas lequel, pour cristalliser soudain la lucidité rédemptrice de l’amoureux gaga, tétanisé jusque-là par sa fascination. 
En peu de pages, mais électriques et très denses, Thierry Séchan donne ici une longue nouvelle plus percutante et pertinente  que maints romans à la gomme étirés pour faire bon poids avant le pilon. Pour la route, le métro, le bord de l’eau, la terrasse ou l’avion sur courte distance : une dégustation qui reste longtemps en bouche.
Thierry Séchan. Vanitas, Editions du Rocher, 43p.

22:05 Publié dans Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (0)

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