06/09/2007

Céline vite et bien

Divers livres substantiels ont été consacrés à Louis-Ferdinand Céline, alors que manquait une synthèse brève et claire de ce qu’on sait aujourd’hui de cet écrivain longtemps maudit, quoique le plus grand prosateur français du XXe siècle avec Marcel Proust. Or voici la pièce manquante : un ouvrage au format de poche de facture un peu bon marché (pour la typo et les reproductions) mais dont la substance est si dense et intéressante, et les jugements si équilibrés qu’il faut absolument le recommander, même aux céliniens. Après le triptyque biographique de François Gibault ou le récent Dictionnaire Céline de Philippe Alméras, entre autres études et témoignages, David Alliot raconte les débuts du jeune Destouches, sa guerre et ses périples (bien avant la médecine et l’écriture), le choc du Voyage au bout de la nuit en 1932, le flop de Mort à crédit, l’indignité des pamphlets, l’Occupation et l’exil au Danemark, en mêlant très habilement les menées de l’homme et les avancées d’une écriture de plus en plus libre et inventive. Sans disculper le raciste antisémite, dont il resitue pourtant les pamphlets dans leur contexte, David Alliot fait aussi la part de la légende et des faits en renvoyant, pour l’essentiel, à la lecture de l’oeuvre. D’intéressantes annexes documentaires, une chronologie et une bibliographie sélective en facilitent aussi l’accès.
Le livre de ce jour : David Alliot. Céline, la légende du siècle.  Editions InFolio, coll. Illico, 186p.

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