20/08/2007

Un livre par jour...

 

Au seuil de la rentrée littéraire, ce nouveau blog se destine en priorité à celles et ceux qui aimeraient trouver, un jour après l’autre, une nouvelle idée de lecture ou de relecture.

 

En toute subjectivité, j’y présenterai tel ou tel livre qui vient de paraître ou tel autre qu’on m’a fait découvrir, comme souvent cela se passe.

 

Pas plus tard qu’hier, ainsi, j’ai commencé de lire un livre que Pierre-Yves Borgeaud, rencontré au festival de Locarno à l’occasion de la présentation de Retour à Gorée, son superbe nouveau film (à découvrir absolument, ces jours, sur les écrans romands), m’avait recommandé chaleureusement : Au dos des images, de Luc Dardenne, paru au Seuil en 2005.

 

Passionnant journal d’un des deux frangins cinéastes, tenu entre 2001 et 2005, ce livre contient également les scénarios de deux de leurs films récents : Le fils et L’enfant.

 

Voilà ce que j’y ai relevé pour commencer, qui recoupe exactement mon propre sentiment devant le cinéma d’aujourd’hui : « L’impression que beaucoup de films sont des mises en images et musique d’une mécanique dramatique de plus en plus triviale, platement évidente, sans ombre sinon celle calculée par le concepteur-gestionnaire afin de maintenir en alerte le consommateur ».

 

S’il reste intraitable par rapport à cette tendance au « feuilleton universel », Luc Dardenne n’en répond pas moins aux grincheux qui prétendent que plus rien ne se fait dans le cinéma actuel - n’est-ce pas Freddy Buache ?

 

« De toute façon tout a déjà été fait et mieux que ce que nous pourrions jamais faire. Ils ont raison, ces anciens et nouveaux cinéastes qui annoncent la mort du cinéma, qui commentent son enterrement. Ils ont raison. Eh bien justement ! C’est parce qu’ils ont raison qu’ils nous poussent à les contredire, à croire, mon frère et moi, que nous pouvons encore filmer, inventer, faire quelque chose de nouveau. La camera oscura n’est pas une chambre mortuaire où veiller le corps du disparu. Objet perdu pour toujours ! Objet que jamais nous ne retrouverons ! On s’en fout ! Ne nous laissons pas prendre par leur mélancolie ! Recrachons la bile noire ! Que les morts enterrent les morts ! Vivre ! Vivre le cinéma qui vient ! A nous d’être à la hauteur »…

 

On pourrait dire la même chose de la littérature actuelle, donnée pour morte et enterrée par d’aucuns. Que les morts enterrent les morts ! Vivre ! Vivre la littérature qui vient !

 

Livre du jour : Luc Dardenne. Au dos de nos images 1991-2005. Seuil, la Librairie du XXe siècle, 322p.

 

20:57 Publié dans Fatrasie | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Poète de talent Gaston Vieujeux mérite une visite sur ses rimesparticulièrement sensuelles , suggestives et souvent bouleversantes.
Connu dans la région Auvergne ses sonnets méritent de vibrer jusqu'à vous.
Amis de la culture le lirez- vous ?
pour lui ces quelques mots et pour vous ces 6 recueils à la sensibilité à fleur de mots

Funambule suspendu
Sculpte le vent, taille la peur
Fume l’amer des défaillances.
Sur le fil d’eau d’incertitude

Imprévu sur la toile de fond
Trouble le pas, agite l’air
Par un regard fait de mystère
Comme une troisième dimension.

Le contre jour mis en lumière
Éclaire le trouble mis en déroute
Clone des ailes de lendemains
Aux couleurs de l’imaginaire

Coffre fort d’émotions quatre étoiles
Ces mots sont servis à la carte
Sous les parfums cafés- cocotiers
Où le désir est livré clé en main




Écrit par : Pacha | 29/08/2007

GASTON VIEUJEUX
la croisée


tu as serré ta main dedans la mienne
sur ton chemin qui montait vers le mien
et j’ai serré ma main dedans la tienne
sur mon chemin qui montait vers le tien

tu as posé tes lèvres sur les miennes
sur ton chemin qui rejoignait le mien
et j’ai posé mes lèvres sur les tiennes
sur mon chemin qui rejoignait le tien

tu as couché ta peau contre la mienne
sur ton chemin qui se mêlait au mien
et j’ai couché ma peau contre la tienne
sur mon chemin qui se mêlait au tien

tu as versé tes larmes dans les miennes
sur ton chemin qui s’écartait du mien
et j’ai versé mes larmes dans les tiennes
sur mon chemin qui s’accrochait au tien

tu as glissé de ma vie à la sienne
sur ton chemin tu ne regrettes rien
moi j’ai glissé de notre amour ancienne
sur un chemin ne menant plus à rien


* * *


jeanne

Écrit par : Pacha | 29/08/2007

Sixième recueil de Gaston Vieujeux, café soluble et cocotier nous propose des poèmes qui continuent à dénoncer sans relâche l'absurdité, douloureusement ressentie par l'auteur, de l'environnement factice de notre monde actuel :
"...ta vie d’hôtel robotisé
en bar de zone industrielle
compartiments climatisés
végétation artificielle...
...ta vie parking autoroutier
café soluble et cocotier
c’est quoi la case qui déconne"

Écrit par : Pacha | 29/08/2007

anna
train corail pour paris
austerlitz pont de sèvres
tous les mots que j’écris
ont le goût de tes lèvres

saint-denis mirabeau
je me fous des consignes
et l’odeur de ta peau
se glisse entre les lignes

terrasses des bistros
des couloirs du métro
jusqu’aux quais de la seine

je promène avec moi
moins le poids de ma peine
que le manque de toi

Gaston vieujeux

Écrit par : Pacha | 29/08/2007

poème funambule où le trouver , chez vous ?

Écrit par : Bertrant | 12/02/2008

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